Lecteur assidu de votre magazine, j'y découvre et comprends les vagues générées par le fait de société que suscite le désormais fameux message d'un météorologue vedette. Il me dérange cependant que certaines de ces réactions " dérapent " dans la communication par simple défaut d'information fondée. Il est ainsi regrettable que votre lecteur Jean-Pierre S. de Louveigné assimile le film Un Amour de Coccinelle à de la propagande pour Hitler. Une volumineuse bibliographie soutient le résumé que je vous livre ci-dessous dans le seul but de l'honnêteté historique.
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Lecteur assidu de votre magazine, j'y découvre et comprends les vagues générées par le fait de société que suscite le désormais fameux message d'un météorologue vedette. Il me dérange cependant que certaines de ces réactions " dérapent " dans la communication par simple défaut d'information fondée. Il est ainsi regrettable que votre lecteur Jean-Pierre S. de Louveigné assimile le film Un Amour de Coccinelle à de la propagande pour Hitler. Une volumineuse bibliographie soutient le résumé que je vous livre ci-dessous dans le seul but de l'honnêteté historique. [...] La pose de la première pierre de l'usine de Wolfsburg a lieu le 26 mai 1938, il y aura septante-cinq ans ce mois-ci. Les seules choses qu'Hitler parviendra à faire seront d'en imposer le prix économiquement irréalisable de 995 RM et, à la stupéfaction générale des personnes présentes ce jour-là, il en annonce le changement du nom pour " Kraft durch Freude " ou KdF, un nom impossible pour une promotion internationale et même nationale de la voiture. La production commence enfin le 3 août 1940 mais la guerre fera que seules 686 Volkswagen Typ 1 (la Coccinelle) seront produites avant l'interruption de la production en février 1945 suite à deux importants bombardements. Vous avouerez que l'on est bien loin des contes populaires qui véhiculent l'idée que la Volkswagen serait le résultat d'une commande d'Hitler voire même, comme l'ont écrit certains, qu'il en aurait dessiné la forme typique ! En juin 1945, arrive dans cette usine un officier britannique, le major Yvan Hirst qui a reçu l'ordre de détruire cette usine car les Alliés ont décrété que toutes les usines allemandes construites à partir de 1938 devaient être détruites, en représailles contre l'Allemagne. Le major Hirst constate que l'usine regorge de composants pour reprendre la production. En suivant l'avance du front de l'Ouest, il a pu se rendre compte de l'état de destruction des principales usines d'automobiles européennes qui ne peuvent pas reprendre leur production avant leur reconstruction et leur rééquipement. Comme les Alliés ont un énorme besoin de voitures pour relancer la vie économique et la paix en Europe, le major Hirst parvient à convaincre ses chefs de surseoir à l'ordre de la destruction et il décroche aussi une première commande de 20 000 Volkswagen. Ce sera donc vraiment lui qui lancera la production de la " voiture universelle ", il concevra même les principes élémentaires de la bonne gestion commerciale de la distribution d'automobiles que suivent encore aujourd'hui l'immense majorité des constructeurs. Il imaginera même la première usine de recyclage en créant en 1947, à Kassel, une unité de reconditionnement de pièces usagées : les fameux " échanges standards ". En parallèle, il recherche une institution financière capable de reprendre à son compte la gestion de cette usine qui promet un bel essor et il transfère la propriété de cette usine à l'Etat de Basse-Saxe en octobre 1949. A ce moment, il a déjà produit les 90 000 premières Volkswagen, des voitures anglaises ne trouvez-vous pas ? ?Il n'est pas donné suite aux lettres ouvertes ou portant des adresses incomplètes. La rédaction raccourcit certaines lettres pour permettre un maximum d'opinionsPHILIPPE CASSE, HISTORIEN DE L'AUTOMOBILE, BRUXELLES, PAR COURRIE