Permettez-moi cette petite réaction à la suite de votre dernier édito " Acné juvénile " (Le Vif/L'Express du 31 janvier) et consacré à ce mouvement que l'on nomme insidieusement les " gilets jeunes ".
...

Permettez-moi cette petite réaction à la suite de votre dernier édito " Acné juvénile " (Le Vif/L'Express du 31 janvier) et consacré à ce mouvement que l'on nomme insidieusement les " gilets jeunes ".Qu'on pense ce que l'on veut mais, comme vous le dites, les idées qui s'en dégagent, toutes plus floues et diverses les unes que les autres, nous ramènent à l'essence même de toute contestation : cette fameuse dernière goutte qui fait déborder un vase rempli de frustrations diverses dues à des décennies de folies en tout genre. [...] Je me permettrai juste d'intervenir sur le dernier mouvement " à la mode " : les revendications climatiques d'une partie de notre population - édiles universitaires en tête - relayées si " spontanément " par nos jeunes.Mouvement " sans infrastructure ", dites-vous ? Pensez-vous réellement qu'à ce jour on puisse monter un tel mouvement sans appui, sans structure, non guidé par des idées politiques claires et orientées, voire par des lobbies prêts à tout pour imposer des idées qu'il faut accepter sans autre forme de procès ? [...] Comment peut-on sans s'étrangler dire à des millions de personnes qui, jour après jour, perdent leur boulot, peinent à nouer les deux bouts, que la seule politique qui vaille est de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré d'ici à 2050 ? [...] Et pourquoi donc ne parlent-ils pas d'urgence sanitaire, d'urgence alimentaire, d'urgence économique, d'urgence institutionnelle, entres autres ?Celles-là sont bien plus réelles, mais leur " vraie urgence " les rend bien moins aisées à traiter ! [...] Vous l'aurez compris, mon doute est profond entre cette joie immense de voir jeunes et moins jeunes vouloir bousculer les habitudes opaques de nos amis politiques de tous bords et la récupération qui en est faite par divers acteurs politiques et autres organisations non gouvernementales, afin de canaliser une protestation qui, sinon, deviendrait très vite incontrôlable.