Si vous avez, au cours de l'année écoulée, acheté au moins cinq médicaments remboursés différents dont un chronique (hors contraceptifs), vous avez la possibilité conclure avec le pharmacien de votre choix une " convention pharmacien de référence ". Ce n'est toutefois ni une obligation, ni un engagement à vous procurer désormais tous vos médicaments dans son officine. Et vous ne payez rien pour les services spécifiques dispensés par le pharmacien de référence, qui touche pour cela un forfait annuel de 31,80a, versé directement par l'Inami. Si vous souhaitez en changer, il vous suffira de signer une nouvelle convention avec un autre.
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Si vous avez, au cours de l'année écoulée, acheté au moins cinq médicaments remboursés différents dont un chronique (hors contraceptifs), vous avez la possibilité conclure avec le pharmacien de votre choix une " convention pharmacien de référence ". Ce n'est toutefois ni une obligation, ni un engagement à vous procurer désormais tous vos médicaments dans son officine. Et vous ne payez rien pour les services spécifiques dispensés par le pharmacien de référence, qui touche pour cela un forfait annuel de 31,80a, versé directement par l'Inami. Si vous souhaitez en changer, il vous suffira de signer une nouvelle convention avec un autre. Reste à savoir ce que votre pharmacien de référence fait de plus que ses collègues. Tous les pharmaciens sont par exemple déjà obligés d'enregistrer tous les médicaments prescrits que vous vous procurez chez eux dans votre dossier pharmaceutique local, qu'ils consultent à chaque nouvelle délivrance pour s'assurer que vous utilisiez vos traitements en toute sécurité. " Supposons par exemple que votre rhumatologue vous prescrive un nouveau traitement dont vous êtes convaincu(e) de ne jamais avoir entendu parler. En consultant votre dossier, le pharmacien constate toutefois que vous prenez déjà ce produit depuis un certain temps, mais qu'il vous a été prescrit sous un autre nom par un autre médecin, illustre Hilde Deneyer, directrice du réseau des pharmaciens flamands VAN. Un autre exemple : souffrant de douleurs musculaires, vous vous présentez à l'officine pour vous procurer des anti-inflammatoires sur le conseil de votre voisin. Heureusement, le pharmacien remarque que vous prenez déjà un traitement chronique qui fluidifie votre sang et il vous avertit que la combinaison avec un anti-inflammatoire comporte certains risques. " Il ressort de ce dernier exemple qu'il n'est pas inutile, pour le pharmacien, d'avoir également une idée de votre consommation de médicaments non prescrits, mais aussi de suppléments alimentaires et autres produits de santé susceptibles d'influencer les effets d'un traitement. " Sauf objection formelle de votre part, nombre de pharmaciens enregistreront donc aussi tout ce que vous achetez sans prescription. Ils le font alors de leur propre initiative, puisque ce n'est obligatoire que pour les spécialités sur prescription. Le pharmacien de référence va toutefois encore plus loin : il s'engage à le faire systématiquement, pour tous les produits que vous vous procurez chez lui. " Le pharmacien de référence est aussi tenu de s'affilier au Dossier Pharmaceutique Partagé (DPP), une plateforme numérique sécurisée qui est déjà utilisée par environ 90 % des officines belges. À chaque fois que vous achetez un médicament sur prescription, les pharmaciens membres de la plateforme enregistrent cette information non seulement dans votre dossier local, mais aussi dans le DPP. Les médicaments en vente libre y figurent également, si le pharmacien les enregistre à votre nom lorsqu'il vous les délivre. Pas de problème, donc, si vous achetez de temps en temps vos médicaments ailleurs que dans votre officine attitrée. " Lorsqu'ils vous fournissent un produit, tous les pharmaciens connectés à la plateforme ont automatiquement accès à votre historique médicamenteux pour l'année écoulée, explique Hilde Deneyer. Ils peuvent ainsi collectivement veiller à la sécurité de vos traitements médicamenteux. " Attention, toutefois : les pharmaciens ne peuvent accéder aux informations qui concernent votre consommation de médicaments dans le DPP que si vous avez donné votre " consentement éclairé ", comme nous le verrons plus loin. Mais arrêtons-nous d'abord sur les missions que le pharmacien de référence assume en plus de sa fonction ordinaire. Lorsqu'il entame sa mission, votre pharmacien de référence dresse un aperçu de l'ensemble des médicaments et autres produits de santé que vous utilisez en se basant sur les informations que vous lui communiquez, sur votre dossier pharmaceutique local et sur le DPP, afin d'obtenir un schéma de médication complet, personnalisé et parfaitement à jour. " Celui-ci mentionne pour chaque produit pourquoi, quand et comment vous le prenez, mais aussi quels sont les éléments dont vous devrez éventuellement tenir compte pour son bon usage. Votre pharmacien de référence passe ce schéma en revue avec vous, en vous donnant quelques conseils si nécessaire. Il peut aussi vous aider à résoudre certains problèmes, par exemple en examinant avec votre généraliste la possibilité de remplacer des comprimés difficiles à avaler par une préparation magistrale en sirop. " Il se charge également de tenir à jour le schéma de médication qu'il a rédigé pour vous et peut vous proposer un suivi des soins pharmaceutiques tel qu'il existait déjà pour les patients asthmatiques. Plus concrètement, cela signifie que votre pharmacien de référence peut vous convier si nécessaire à un entretien d'accompagnement. " Par exemple pour vous expliquer le bon usage de vos médicaments ou pour vous aider à mieux comprendre votre traitement ou l'importance de votre mode de vie. Cet accompagnement personnalisé pourra vous aider à suivre correctement et scrupuleusement votre thérapie, en particulier si vous devez prendre de nombreux médicaments de façon prolongée. " Soulignons que le schéma de médication personnalisé rédigé par votre pharmacien de référence n'est pas qu'un simple aide-mémoire. " Vous pouvez par exemple toujours en demander une version imprimée à emmener avec vous si vous devez être hospitalisé en urgence. Le personnel de l'hôpital sera ainsi immédiatement et très précisément renseigné sur vos traitements en cours. " Dans le futur, cette version papier pourrait même devenir superflue, car il est de plus en plus souvent possible de partager vos données de santé avec d'autres prestataires de soins par voie électronique au travers de plateformes numériques sécurisées... moyennant, évidemment, votre " consentement éclairé " ou eHealth consent. Si vous signez une " convention pharmacien de référence ", celui-ci se chargera de régler cet aspect pour vous. " Si du moins vous n'aviez pas encore donné votre eHealth consent précédemment, car plus de la moitié des Belges l'ont déjà fait - le plus souvent à l'occasion d'une consultation ou d'une admission à l'hôpital ou d'un contact avec leur généraliste, précise Hilde Deneyer. Il semble toutefois qu'ils n'en aient pas toujours bien conscience, car nombre d'entre eux ne se souviennent pas d'avoir donné ce consentement et n'en connaissent pas non plus la portée exacte... " En donnant votre eHealth consent, vous acceptez que divers dispensateurs de soins échangent des données de santé qui vous concernent par le biais de plateformes numériques sécurisées. Nous en avons déjà évoqué une, le Dossier Pharmaceutique Partagé (DPP), qui permet aux pharmaciens de partager entre eux votre historique de médication. À côté du DPP, le pharmacien de référence est également rattaché à une plateforme (ou " coffre-fort ") spécifiquement destinée aux prestataires de première ligne - Brusafe à Bruxelles, Intermed en Wallonie ou Vitalink en Flandre. " Par le biais de cette plateforme, votre pharmacien de référence pourra partager votre schéma de médication personnalisé avec votre médecin de famille et votre infirmier à domicile. Ils disposeront ainsi à tout moment d'un aperçu correct et actualisé de tous les médicaments que vous utilisez. En téléchargeant le logiciel Patient Healthviewer sur le site internet de votre mutuelle, vous pourrez aussi le consulter vous-même en ligne et même l'imprimer. " Votre médecin de famille peut également utiliser cette plateforme pour partager une version succincte de votre dossier médical informatisé avec les autres généralistes impliqués dans votre prise en charge. Votre eHealth consent permet également aux généralistes et spécialistes hospitaliers ou privés d'échanger des données de santé qui vous concernent. Dans notre pays, ils s'appuient pour cela sur différentes plateformes régionales ou hubs. Il arrive que ces informations soient aussi peu ou prou accessibles aux patients, mais cela varie actuellement d'un hub à l'autre. Ces plateformes numériques pour le partage de données de santé entre prestataires de soins visent à leur permettre de communiquer et de collaborer de manière encore plus efficace, et leur développement se poursuit actuellement à un rythme soutenu. Elles doivent aussi toutes être liées à une plateforme eHealth centrale. Le secteur de l'e-santé est encore en pleine évolution dans notre pays, y compris au niveau des informations électroniques auxquelles le patient peut lui-même accéder pour gérer encore mieux sa propre santé. D'après le Plan d'Action Interfédéral eSanté, les patients belges devrait toutefois, d'ici 2019, bénéficier d'un accès direct à toutes les informations les concernant disponibles via les " coffres-forts " et les hubs, fût-ce éventuellement avec certains filtres. Ils auront également la possibilité d'ajouter eux-mêmes des informations utiles et pourraient se voir proposer des outils qui les aideront à interpréter les données. Nous n'avons clairement pas fini d'en entendre parler...