Les banques investissent beaucoup dans la qualité de la relation entre le client et son gestionnaire de portefeuille avec l'espoir que le client accorde à ce dernier une confiance qui ne sera peut-être pas toujours justifiée. Un gestionnaire de fortune n'est ni un médecin, ni un avocat. Dans ces professions, l'intérêt du client est une obligation légale. La gestion de fortune est une activité commerciale. La banque essaie de maximiser son profit en vendant des servi...

Les banques investissent beaucoup dans la qualité de la relation entre le client et son gestionnaire de portefeuille avec l'espoir que le client accorde à ce dernier une confiance qui ne sera peut-être pas toujours justifiée. Un gestionnaire de fortune n'est ni un médecin, ni un avocat. Dans ces professions, l'intérêt du client est une obligation légale. La gestion de fortune est une activité commerciale. La banque essaie de maximiser son profit en vendant des services à son client. Le chargé de relations bancaires a pour mission de faire gagner de l'argent à son employeur, pas à son client. Son travail est de facturer, de manière directe et surtout indirecte, un maximum de commissions, tout en ne dépassant pas la limite qui pousserait le client à aller voir ailleurs. L'imbattabilité des marchés financiers, le fait qu'il n'y a pas moyen de sélectionner des actions gagnantes ou des moments opportuns pour entrer et sortir en Bourse, a pour conséquence qu'il est plus aisé pour un gestionnaire de portefeuille de gagner de l'argent en le " prenant " à son client plutôt qu'en délivrant des performances supérieures. Alors qu'un plombier peut se faire payer à un tarif plus élevé s'il travaille mieux et plus consciencieusement que son concurrent, le gestionnaire de fortune n'accroît sa rémunération qu'en augmentant les commissions généralement cachées qui réduisent la performance du portefeuille géré. La difficulté de juger la qualité de la gestion d'un portefeuille rend la situation encore plus confortable pour le banquier et plus défavorable pour le client. Les possibilités pour les gestionnaires de fortune d'abuser de l'ignorance de leurs clients sont telles que des lois ont dû être votées pour que les banques ne vendent pas certains produits financiers à certains types de clients. C'est une situation exceptionnelle dans le droit commercial. Alors qu'aucune loi particulière n'empêche de vendre une moto de course à une octogénaire malvoyante, la réglementation européenne limite maintenant la possibilité pour les banques de vendre à leurs clients des produits financiers qui ne correspondent pas à leur profil de risque. Ce n'est qu'une protection partielle et l'investisseur qui a confié sa fortune à un gestionnaire se doit de prendre un certain nombre de précautions et d'effectuer régulièrement certains contrôles. "