Fortis, Dexia, ING et KBC : nos quatre principales banques belges ont toutes dû faire appel à l'aide des autorités, sous l'une ou l'autre forme, pour maintenir la tête hors de l'eau. A la base de cette descente aux enfers : des pertes énormes dans les actifs toxiques. Ces produits adossés à des crédits hypothécaires à haut risque (les fameux subprimes) ont perdu énormément de valeur ces derniers mois, ce qui a contraint les banques à acter des réductions de valeur. Ces ajustements comptables, couplés à d'énormes pertes boursières et à une défiance générale...

Fortis, Dexia, ING et KBC : nos quatre principales banques belges ont toutes dû faire appel à l'aide des autorités, sous l'une ou l'autre forme, pour maintenir la tête hors de l'eau. A la base de cette descente aux enfers : des pertes énormes dans les actifs toxiques. Ces produits adossés à des crédits hypothécaires à haut risque (les fameux subprimes) ont perdu énormément de valeur ces derniers mois, ce qui a contraint les banques à acter des réductions de valeur. Ces ajustements comptables, couplés à d'énormes pertes boursières et à une défiance générale, ont contraint la plupart des grandes banques à demander une aide et une garantie d'Etat. Depuis le début de l'année toutefois, il semble que les autorités prennent de plus en plus conscience que les aides du passé sont insuffisantes. En Belgique, 20 milliards d'euros ont déjà été injectés par le fédéral dans Fortis, Dexia et Ethias. Mais ce ne serait qu'un début. L'idée de la création d'une " bad bank ", une structure dans laquelle seraient logés tous les actifs toxiques de nos banques belges, pourrait être une solution durable ( voir page 44). Elle permettrait d'isoler le virus afin qu'il n'affecte plus des institutions déjà vacillantes. L'objectif du gouvernement n'est évidemment pas de travailler pour les banques, mais de rassurer les épargnants et de sauver leur épargne. Pour atteindre ce but, la seule solution reste donc de sauver les banques. Car il serait impossible pour l'Etat belge, en cas de faillite d'une institution bancaire, de rembourser les dépôts des épargnants. Ceux placés chez Fortis, Dexia et KBC représentent en effet pas moins de 600 milliards d'euros. Une charge impossible à supporter. Malgré cette volonté affirmée des autorités de faire tout pour éviter les catastrophes, nombreux sont les épargnants qui se demandent s'ils doivent encore rester dans leur banque. Pour le moment, il semble que la fuite de capitaux des grandes banques belges vers d'autres institutions soit limitée mais qu'en sera-t-il dans quelques semaines ou dans quelques mois ? Souvent, un crédit hypothécaire ou un autre produit lie un client à sa banque, qu'il ne peut donc quitter du jour au lendemain. Mais certains songent tout de même à ouvrir un compte dans une deuxième ou troisième banque. Dans les pages suivantes, nous nous intéresserons aux avantages et aux inconvénients d'ouvrir un compte dans une seconde banque. Nous nous interrogerons également sur la solidité des banques belges. Selon les ratios de solvabilité les plus courants, nous avons voulu savoir quelles sont les institutions financières présentes en Belgique qui ont les reins les plus solides. Et aussi qui sont les propriétaires de nos banques. Enfin, nous avons voulu nous interroger sur le système de garantie d'application pour les institutions actives en Belgique. Toutes ne bénéficient pas de la garantie belge de 100 000 euros. Vincent Joye