Les témoignages d'en bas sont rares, nous dit Carl Havelange à l'entame de l'ouvrage dans lequel il rend hommage à Gaspard Marnette, ouvrier armurier à Vottem durant la deuxième moitié du xixe siècle. Rien ne prédisposait ce fils d'analphabètes wallons, scolarisé jusqu'à ses 14 ans, à tenir avec passion, pendant quarante ans, une chronique de son village : trois mille pages en français châtié, à la graphie soignée, retrouvées un peu par hasard sous un meuble de sacristie, et qui se révèlent un trésor d'informations sur les conditions de vie au coeur de la révolution industrielle. S'y côtoien...