De tous les festivals de cinéma organisés en Belgique, le BIFFF (Brussels International Festival of Fantasy, Thriller & S-F Film) est probablement le plus populaire et, sans aucun doute, le plus joyeusement festif. Ils seront encore plus de 60 000 spectateurs à rallier la manifestation du 15 au 30 mars prochain. Georges Delmotte, cofondateur du festival avec la petite bande de l'ASBL Peymey Diffusion, est, bien sûr, enchanté devant une telle ferveur participative. D'autant que le succès fou du BIFFF s'est créé puis amplifié sur des bases aussi saines que sympathiques.
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De tous les festivals de cinéma organisés en Belgique, le BIFFF (Brussels International Festival of Fantasy, Thriller & S-F Film) est probablement le plus populaire et, sans aucun doute, le plus joyeusement festif. Ils seront encore plus de 60 000 spectateurs à rallier la manifestation du 15 au 30 mars prochain. Georges Delmotte, cofondateur du festival avec la petite bande de l'ASBL Peymey Diffusion, est, bien sûr, enchanté devant une telle ferveur participative. D'autant que le succès fou du BIFFF s'est créé puis amplifié sur des bases aussi saines que sympathiques."Nous étions une bande de copains, tous issus des maisons de jeunes. Certains d'entre nous vivaient en communauté. Notre état d'esprit n'était pas à l'ambition de réussir, mais au plaisir de travailler avec des gens que nous aimions bien, autour d'un thème qui nous passionnait tous." Très vite, un public frustré d'avoir vu disparaître les salles spécialisées en fantastique, et de devoir se contenter de la vidéo pour découvrir les nouvelles productions de leur genre favori, se retrouva en nombre autour de Georges, Annie, Guy, Freddy et Gigi, des organisateurs très présents qu'on pouvait aborder, tutoyer dans une ambiance éminemment conviviale. Avec leur sens aigu de la bonne promotion (notamment l'idée géniale de l'affiche rouge et noire confiée chaque année à un as de la bande dessinée), avec, aussi, leurs animations délirantes (où s'illustra en premier le Magic Land Theatre), les "peymey" firent de leur festival un happening permanent. Justice était rendue à des films qui n'avaient plus les faveurs d'une distribution commerciale, dans une atmosphère très rock'n'roll qui leur allait parfaitement.Grandir encore?Le fantastique et la science-fiction sont redevenus des genres commercialement profitables, et envahissent désormais les écrans des salles traditionnelles. Pour autant, le festival n'a rien perdu de sa popularité ni de son impact. En tête des manifestations européennes consacrées au même thème, il n'a, au contraire, jamais cessé de grandir. Jusqu'à se sentir à l'étroit au Passage 44, son lieu central actuel. Manque de place pour accueillir plus de spectateurs... et de sponsors dont l'apport s'avère indispensable: Delmotte et compagnie songent de plus en plus à un déménagement. Le site magnifique de l'INR restauré, place Flagey, aurait superbement fait l'affaire, mais la demande s'est heurtée à un frileux refus. Dracula, Frankenstein et le public pourtant bon enfant du BIFFF feraient-ils donc encore si peur? Toujours est-il que le festival soufflera ses 20 bougies dans ses locaux habituels, et dans l'esprit qui fut toujours le sien. "Nous sommes peu à peu devenus une petite entreprise, explique Georges Delmotte, mais notre structure est restée largement égalitaire. Le maître mot restant le plaisir pris à faire les choses, les conditions financières - y compris pour les "anciens" - n'ayant rien de mirobolant!"Grandir encore?Que la fête recommence donc, en ce mois de mars libérant à Bruxelles les forces de l'imaginaire sous toutes ses formes, de l'horreur au merveilleux, du cinéma aux arts plastiques et même à la littérature, le festival veillant à s'ouvrir un peu plus chaque année aux autres formes d'expression. Une forte présence japonaise marquera notamment cette nouvelle édition, où l'on découvrira aussi de grosses productions très attendues comme The Mothman Prophecies et le "remake" de Rollerball. Le jury sera présidé par l'immense Christopher Lee, hôte aussi prestigieux que mythique d'une fête jamais en manque de sang neuf... L'Auditorium 44 (au Passage du même nom), à Bruxelles, sera comme d'habitude le lieu central du festival, avec des extensions au Nova, au Musée du cinéma et dans quelques autres endroits encore. Du 15 au 30 mars. Renseignements sur le site www.bifff.orgLouis Danvers