Les autochtones vous diront qu'ils sont fiers de leur commune. Attractive, résidentielle, culturelle, Waterloo jouit de clichés flatteurs que d'aucuns lui envient. Son magnétisme dépasse de loin la proche périphérie bruxelloise. Les soldes migratoires par groupe d'âge indiquent que Waterloo attire surtout la tranche des 30-44 ans, des familles avec petits enfants, et reste peu accessible aux 20-29 ans. Ce profil migratoire n'a quasiment pas évolué depuis le début des années 1990. Seulement, voilà. Waterloo est devenue la cinquième commune wallonne la plus onéreuse pour l'achat d'un bien immobilier. Deuxième, derrière Lasnes, dans le Brabant wallon.
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Les autochtones vous diront qu'ils sont fiers de leur commune. Attractive, résidentielle, culturelle, Waterloo jouit de clichés flatteurs que d'aucuns lui envient. Son magnétisme dépasse de loin la proche périphérie bruxelloise. Les soldes migratoires par groupe d'âge indiquent que Waterloo attire surtout la tranche des 30-44 ans, des familles avec petits enfants, et reste peu accessible aux 20-29 ans. Ce profil migratoire n'a quasiment pas évolué depuis le début des années 1990. Seulement, voilà. Waterloo est devenue la cinquième commune wallonne la plus onéreuse pour l'achat d'un bien immobilier. Deuxième, derrière Lasnes, dans le Brabant wallon. Et parallèlement, la population locale a pris un sacré " coup de vieux ". Au cours des dix dernières années, le nombre de seniors a augmenté de 10 %. Waterloo est d'ailleurs l'une des communes du Brabant wallon qui se distingue en cette matière. Jusque-là, rien d'inquiétant. Si ce n'est que les propriétaires - ces fameux " nantis " -, ce sont eux, les " vieux ". Il y a 8 000 villas à Waterloo. Et si la population vieillit, le parc immobilier aussi. Construites dans les années 1970, la majorité des villas et autres habitations qui ont fait le prestige de la commune sont très énergivores. " Avec l'augmentation du prix de l'énergie, certains propriétaires n'arrivent plus à assurer leurs fins de mois. Pour eux, le coût du chauffage atteint parfois le prix d'un loyer ", confie Etienne Verdin, président du CPAS, en charge du Logement. Conséquence : alors que le prix des logements et des loyers ne cesse d'augmenter, la commune voit son nombre d'allocataires sociaux grandir. Et, comme partout ailleurs, apparaît un public de plus en plus fragilisé par la crise et le coût de la vie. Avec un nouveau profil : le riche pauvre. " La situation n'est pas plus grave ici qu'ailleurs dans le Brabant wallon. Pour 30 000 habitants, le CPAS ne reçoit que 690 demandes de candidats locataires par an, affirme Etienne Verdin. Il y a beaucoup de fantasmes sur l'élitisme à Waterloo, mais nous avons une vraie mixité sociale. Il est normal que nous ayons aussi nos pauvres. " Waterloo n'a jamais été une commune modèle en termes de logements publics. Mais elle tente de combler son déficit. Alors que les élus doivent faire face à deux difficultés majeures : une réserve de terrains faible et le souhait de réaliser de petits projets, qui s'intègrent dans les îlots résidentiels. La cité du Lion compte aujourd'hui près de 180 logements publics. Elle devrait grimper à 1 300 logements pour atteindre les quotas fixés par la Région wallonne. " L'effort de solidarité existe à Waterloo, même s'il n'y aura pas 1 300 logements sociaux, car nous ne sommes pas dans cette perspective, poursuit Etienne Verdin. Ce serait très facile d'augmenter notre quota en érigeant de grands immeubles. Mais ce n'est pas notre politique. Nous voulons des logements qui correspondent aux besoins réels de notre population. Il faut aussi du logement moyen ", explique le président du CPAS. Quels efforts fait Waterloo pour se doter de logements publics ? Pour la majorité des communes, les armes traditionnelles sont l'achat, la vente, l'expropriation de terrains - " pas prioritaire " - et la constitution d'une réserve foncière. A Waterloo, la démarche se veut davantage locative. Afin de réduire la pression foncière et répondre aux besoins sociaux, le CPAS a décidé de louer 75 logements auprès de propriétaires particuliers. " Nous relouons les appartements 15 % moins cher aux ménages en difficulté. Le CPAS devient, en quelque sorte, régulateur du marché ", observe Etienne Verdin. Le CPAS prend le différentiel à sa charge, ainsi que la gestion, les assurances et l'entretien des chaudières. Et ça marche. " Pour les propriétaires, c'est un gage de fiabilité. D'ailleurs, ils répondent très favorablement. Quant à nous, nous ne sommes dépendants d'aucune régie. Cela nous permet de choisir des logements de qualité à moindre coût. "La commune gère actuellement 24 logements à loyers modérés, 24 logements sociaux et 20 logements moyens gérés par les Habitations sociales du Roman Païs, 81 logements gérés par le CPAS dont un logement d'urgence, 3 logements propriétés du CPAS en location classique, une habitation transformée en deux maisons individuelles au Champ du Roussart et un logement de transit. Pour améliorer ce chiffre, trois dossiers majeurs sont sur la table, dont deux font partie du plan d'ancrage communal 2012-2013. Primo, un ensemble de 20 logements à loyers modérés sera construit sur le site de l'ancienne gendarmerie, en plein c£ur de Waterloo. " D'ici à 2013, il y aura dix petites maisons de deux chambres, ainsi que trois surfaces commerciales au rez-de-chaussée et 850 m2 de parking ", détaille Etienne Verdin. Les travaux sont lancés. Spécificité du projet : le bâtiment sera à énergie positive, il produira plus d'énergie qu'il n'en consommera. Une première en Brabant wallon. " Les plus petits appartements ne consommeront qu'un demi-litre de mazout par mois ", se réjouit le président du CPAS. De quoi faire sérieusement plonger la facture. Autre originalité : il s'agit d'un contrat de coopération publique entre la Régie foncière provinciale autonome du Brabant wallon et la commune. La Régie finance la construction du bâtiment - l'investissement est de 4 millions d'euros - et la commune met le terrain dont elle est devenue propriétaire à disposition. " Un bail emphytéotique de trente-trois ans sera signé. A terme, la commune deviendra propriétaire de l'ensemble et la Régie aura récupéré ses fonds via les loyers ", explique Etienne Verdin. La cité du Lion dispose aussi de son service communal de logement. Actuellement installé dans les locaux du CPAS, le service sera déplacé au rez-de-chaussée d'un bâtiment en construction à côté de la maison de l'Emploi, dont l'étage accueillera trois logements sociaux, dont un logement de transit. De quoi offrir une plate-forme offrant des renseignements concernant les aides et primes régionales, les économies d'énergie, des informations et des aides pour rechercher un logement ou un logement social. RAFAL NACZYKLe CPAS reloue 75 logements privés, 15 % moins cherDe petits apparts ne consommeront qu'un demi-litre de mazout par mois