Dès le début du confinement, la page Facebook d'Eric Ostermann, " Bruxelles en photographies ", a connu un succès qui ne se dément pas. Une initiative opportuniste calibrée pour produire du like ? Nullement. Une démarche mercantile pour débiter de la carte postale ? Pas plus. En réalité, ce photographe amateur de 42 ans n'a rien changé à ses habitudes. Depuis 2014,...

Dès le début du confinement, la page Facebook d'Eric Ostermann, " Bruxelles en photographies ", a connu un succès qui ne se dément pas. Une initiative opportuniste calibrée pour produire du like ? Nullement. Une démarche mercantile pour débiter de la carte postale ? Pas plus. En réalité, ce photographe amateur de 42 ans n'a rien changé à ses habitudes. Depuis 2014, qu'il pleuve ou qu'il vente, il immortalise sa ville à la faveur de balades hebdomadaires.Dans son viseur, Ostermann compte plus de 24 000 clichés de la capitale de l'Europe. Désobéissance civile ? " Sûrement pas, je reste dans le cadre légal. A vélo, le centre-ville est à dix minutes de chez moi. Je fais une promenade de santé et j'en profite pour prendre quelques clichés. Je respecte strictement la consigne qui veut que l'on ne fasse pas de reportage. Je n'utilise pas de trépied, je prends les images à la volée ", détaille l'amateur.Ce statut de dilettante, Eric Ostermann le revendique : " Je fais des photos depuis l'adolescence mais c'est avec la naissance de ma fille, au début des années 2000, que je m'y suis intéressé plus sérieusement. " En bon autodidacte, il écume alors les forums et s'abonne à une page où tout un chacun a la possibilité d'effectuer des missions photographiques, commentées ensuite par des regardeurs avisés. Les progrès qu'il réalise le poussent à diffuser son travail par le biais des réseaux sociaux. Sa notoriété croissante explose avec l'actuel confinement : le choc visuel qu'occasionne Bruxelles dépeuplée va droit au coeur de tous ceux qui y ont des souvenirs. De nombreux commentaires touchants témoignent de cet impact considérable. On ne s'étonnera pas d'apprendre qu'Ostermann a été contacté par les Archives de la Ville de Bruxelles : c'est bien une mémoire collective qui est en passe de s'écrire là.