"Si des corporations ou des fonds de secours existaient déjà dans l'Antiquité (...), c'est au Moyen Age que les associations apparaissent dans nos régions", lit-on dans "Le secteur non marchand", 2001, établi par la Fondation Roi Baudouin (FRB). Associations monastiques, guildes et confréries, compagnonnage... A l'époque, aucun groupement ne peut exister en dehors de l'Eglise ou de l'Etat, qui les encadrent de façon stricte.
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"Si des corporations ou des fonds de secours existaient déjà dans l'Antiquité (...), c'est au Moyen Age que les associations apparaissent dans nos régions", lit-on dans "Le secteur non marchand", 2001, établi par la Fondation Roi Baudouin (FRB). Associations monastiques, guildes et confréries, compagnonnage... A l'époque, aucun groupement ne peut exister en dehors de l'Eglise ou de l'Etat, qui les encadrent de façon stricte. Au XVIIIe siècle apparaissent toutefois des sociétés secrètes, comme les loges maçonniques. Les associations sont alors mal vues par les pouvoirs établis. En 1830, la liberté d'association, inscrite dans la Constitution, agira comme un catalyseur. Les associations liées au mouvement ouvrier, qui sont à la base de notre système de protection sociale, vont éclore dans la seconde moitié du XIXe siècle. La promulgation de la loi sur les ASBL (1921) marque une autre étape importante: elle permet à des cercles littéraires, des ligues sportives ou des maisons du peuple d'exister juridiquement, de posséder des fonds et des locaux, en toute légalité. Quand, à partir de 1945, la demande de bien-être se fait plus forte, les pouvoirs publics ne vont plus hésiter à "utiliser" l'initiative privée pour réaliser leur politique sociale, répondre à des besoins nouveaux, etc. Mieux: après le choc pétrolier de 1973, la lutte contre la crise passe par des politiques d'aides à l'emploi. C'est la naissance des CST (cadre spécial temporaire), des stages de jeunes, qui vont se retrouver dans les ASBL. Enfin, quand dans les années 1980, le gouvernement s'engage dans l'austérité, il pense que certains services seront moins onéreux s'ils sont rendus par des structures non publiques. Le terme de "non-marchand" apparaît en 1982. Depuis, les ASBL constituent la forme juridique la plus courante du secteur privé dans le "non-profit sector", pour reprendre la terminologie internationale, à côté des mutuelles, des fondations, des associations de fait ou des administrations et entreprises publiques. Selon le Centre d'économie sociale de l'université de Liège (ULg), les ASBL occupent 194 569 équivalents temps-plein (ETP), soit près de 18,5 % du secteur non marchand (chiffre de 1998). Sans compter le personnel des écoles libres (141 174 ETP) ni les emplois à statut précaire (13 550,8), occupés dans les ASBL mais rémunérés par les Communautés et les Régions. L'Institut national de statistique (INS) a évalué à 5 milliards d'euros les ressources courantes des ASBL (hors établissements scolaires et hôpitaux), en plus des subventions publiques. Les trois quarts proviennent d'activités de vente. Les dons et les cotisations représentent environ 11 % des ressources des ASBL. L'INS a enquêté auprès des employeurs affiliés à l'ONSS. Il n'a pas évalué les montants brassés par les ASBL gérées uniquement par des bénévoles. Elles seraient pourtant plus de 30 000, selon le Centre d'économie sociale de l'ULg (estimation de 1995). Et elles mobiliseraient, chacune, près de 25 000 euros de ressources courantes d'origine privée.D.K.