"Ah ça oui, on a pris un fameux coup sur la casquette ", avoue Richard Miller, et la perspective d'encore cinq ans d'opposition, après les cinq dernières années, c'est très très dur à surmonter. Nous avons pourtant le meilleur groupe du parlement wallon, avec une série de quadragénaires qui peuvent allier la pleine force de l'âge à l'expérience parlementaire et locale, des gens comme Véronique Cornet, Christine Defraigne, Willy Borsus, Pierre-Yves Jeholet, Jean-Luc Crucke... On n'aurait eu que l'embarras du choix pour choisir des ministres. C'est vraiment dur pour eux, c'est vraiment l'occasion manquée... Derrière eux, il y a déjà des petits jeunes qui arrivent. Alors, dans cinq ans... "
...

"Ah ça oui, on a pris un fameux coup sur la casquette ", avoue Richard Miller, et la perspective d'encore cinq ans d'opposition, après les cinq dernières années, c'est très très dur à surmonter. Nous avons pourtant le meilleur groupe du parlement wallon, avec une série de quadragénaires qui peuvent allier la pleine force de l'âge à l'expérience parlementaire et locale, des gens comme Véronique Cornet, Christine Defraigne, Willy Borsus, Pierre-Yves Jeholet, Jean-Luc Crucke... On n'aurait eu que l'embarras du choix pour choisir des ministres. C'est vraiment dur pour eux, c'est vraiment l'occasion manquée... Derrière eux, il y a déjà des petits jeunes qui arrivent. Alors, dans cinq ans... "" C'est effectivement une génération qui s'apprêtait à gouverner ", explique Serge Kubla. " Moi, je n'étais plus candidat, mais Pierre-Yves Jeholet ou Jean-Luc Crucke n'ont pas caché que s'ils revenaient à la Région, c'était dans l'espoir d'entrer dans un gouvernement. Véronique Cornet, elle, l'a dit explicitement, et je sais que Willy Borsus y pensait. "" On n'a pas eu ce qu'on espérait, c'est une légitime déception ", reconnaît Pierre-Yves Jeholet. " On amenait le changement, et on avait les gens pour faire de bonnes équipes. Chez Ecolo, ils ont dû rappeler des députés fédéraux, Nollet et Henry, pour en faire des ministres régionaux... "Déception, amertume, le moral dans les chaussettes, c'est difficile d'être enthousiaste. " Mon sentiment n'est pas la déception ", répond Willy Borsus, le nouveau chef de groupe MR au Parlement wallon. " On aspirait à autre chose, mais bon ! Puisque nous pouvons compter sur une belle équipe, solide, expérimentée, nous allons mener une opposition constructive, et nous participerons aux travaux que nous jugerons dignes d'intérêt. Parce que nous estimons que notre Région a aussi besoin de nous. Mais nous serons très vigilants par rapport à toutes ces promesses qui ont été faites et ne pourront être tenues, faute de moyens. "" Moi je ne suis pas sûr que l'olivier soit en béton ", susurre Serge Kubla. " Lacoalition actuelle aura bien du mal à contenir ses tensions internes, qui seront aggravées par la crise. Nous n'avons pas l'ambition de la décomposer, mais de nous affirmer grâce à notre programme. Il y a du travail ! "Et il y a surtout le rendez-vous électoral de 2011, dans moins de deux ans, à l'occasion des législatives, puis des communales en 2012. " Il faut reconquérir le c£ur des gens, poursuit Kubla, pas seulement leur raison. Nous devons leur donner des perspectives de mieux-être. " " Retrouver l'énergie et une vraie base populaire ", ajoute Miller. " Recentrer le message sur le travail, l'effort, le mérite, et faire comprendre que nous sommes une grande formation populaire ", dit Borsus. " Démontrer que le MR n'est pas le parti des patrons, mais de tous ceux qui travaillent, les ouvriers qui prestent de nuit, les infirmières... ", surenchérit Pierre-Yves Jeholet, également porte-parole en titre du MR. Didier Reynders, président du mouvement jusqu'en 2012, a annoncé qu'il emmènerait les troupes jusqu'à ces deux échéances, tout en restant au gouvernement fédéral. Ce qui, après l'échec des régionales, et surtout la mise à l'écart par toutes les autres formations, a suscité des critiques ouvertes. Dont celles de Jean-Paul Wahl, député-bourgmestre de Jodoigne et président de la fédération MR du Brabant wallon, qui demande un débat interne sur ce cumul. Ou celles de Jacqueline Galant, députée fédérale, bourgmestre de Jurbise (plus de 8 600 voix comme suppléante en juin), qui réclame la tenue d'élections internes au MR dès l'automne. "Comment se fait-il que le MR soit devenu le parti francophone infréquentable ? Comment est-ce possible qu'aucun parti n'ait voulu simplement discuter avec nous après les élections du 7 juin ? Poser la question, c'est y répondre... ", déclarait-elle dans Le Soir du 1er juillet. Face à ce vent de fronde, Didier Reynders, dans une lettre adressée aux mandataires, a reconnu une part de responsabilité, ainsi que " des erreurs de ton et de positionnement stratégique ". " La bonne gouvernance, c'est une valeur incontestable, explique Kubla, mais il ne fallait pas en parler sans cesse. Ce n'est pas la gouvernance qui rend les fins de mois meilleures. Notre erreur a été de nous isoler. Tous ces noms d'oiseaux et cette agressivité nous ont éloignés des autres partis, qui ne pouvaient plus imaginer en nous un partenaire éventuel. Cela nous a conduits à négocier très tardivement, trop tard en fait. "Dans son courrier et lors de rencontres qui ont immédiatement suivi avec la hiérarchie du parti, Didier Reynders a coupé l'herbe sous le pied aux contestataires en annonçant une large consultation de la base sur une réforme du Mouvement réformateur, refondation des valeurs et modifications statutaires. Cela se fera lors des Estivales, les rencontres du MR début septembre à Redu. " Il y a eu des critiques, mais pas de remise en cause, pas de clivage ", affirme Richard Miller. " Didier Reynders ne refuse aucune question et souhaite ouvrir la réflexion pour sortir de cette mauvaise passe que nous traversons. Ça ne ronronne pas, chez nous ", conclut-il. MICHEL DELWICHE" le mr est le parti des tous ceux qui travaillent "