La crise immobilière ? On ne connaît pas ! " A les écouter, les notaires hennuyers sont d'indécrottables optimistes. De fait, le fort ralentissement du marché que d'aucuns prédisaient pour 2008 ne s'est pas produit. Certes, le rythme de la croissance n'est plus aussi effréné que lors des années précédentes, mais la moyenne des prix de l'immobilier dans la province est relativement stable. " Notre optimisme n'est pas là pour tirer les prix vers le haut mais pour dire que le marché est équilibré, précise Bernard Lemaigre, notaire à Montignies-sur-Sambre.
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La crise immobilière ? On ne connaît pas ! " A les écouter, les notaires hennuyers sont d'indécrottables optimistes. De fait, le fort ralentissement du marché que d'aucuns prédisaient pour 2008 ne s'est pas produit. Certes, le rythme de la croissance n'est plus aussi effréné que lors des années précédentes, mais la moyenne des prix de l'immobilier dans la province est relativement stable. " Notre optimisme n'est pas là pour tirer les prix vers le haut mais pour dire que le marché est équilibré, précise Bernard Lemaigre, notaire à Montignies-sur-Sambre. En fait, le marché connaît un léger tassement du volume des ventes, surtout depuis le quatrième trimestre 2008. C'est le constat que dresse Aldo Zambilo, gérant de l'agence Alpimmo à Mons. Conséquence immédiate : la durée des mises en vente s'est nettement allongée. Pour Me Lemaigre, le facteur psychologique joue un rôle essentiel dans ce délai. " A force d'entendre que le marché immobilier avait explosé sur les cinq dernières années, les vendeurs ont nettement surévalué leurs biens. Et les acheteurs se sont trouvés dans une logique opposée, persuadés que le marché était en berne et que les prix étaient à la baisse. "Reste que, pour Dominique Tasset, notaire à Braine-le-Comte, l'immobilier hennuyer est sans aucun doute le marché wallon le plus actif et le plus fourni. " Les maisons de petite valeur, entre 30 000 et 70 000 euros, parfois en ruine ou à la limite de la salubrité, se vendent comme des petits pains. La demande reste très forte. " Plus généralement, les biens les moins chers ont toujours la cote et ne restent pas longtemps sans acheteur. Et le Hainaut, dont les prix sont traditionnellement plus bas que dans les autres provinces, attire encore de nombreux candidats acquéreurs. Dans ce contexte, le Borinage connaît un gros succès. C'est la région la moins chère du pays et l'on peut encore y faire de bonnes affaires. Les maisons jointives se négocient en moyenne autour de 77 500 euros à Colfontaine et à 94 500 euros à Quaregnon. Des Bruxellois et les Brabançons viennent chercher des prix qu'ils ne trouvent plus chez eux. Un phénomène qui touche depuis longtemps les communes limitrophes du Brabant wallon. Braine-le-Comte, Enghien et Soignies figurent ainsi parmi les communes les plus recherchées du Hainaut. Le haut de gamme, par contre, est beaucoup plus difficilement négociable. Ce constat cache cependant d'importantes disparités géographiques. Ainsi, le marché des maisons à quatre façades est en baisse de 4 % dans l'arrondissement de Charleroi, voire de 25 % à Flobecq. A l'inverse, il est encore florissant à Lessines (+16 %) et à Mouscron (+ 7 %). D'une façon générale, le Hainaut occidental est beaucoup plus cher que le reste de la province. La proximité avec la France y a longtemps fait grimper les prix. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, reconnaît Yves Van Roy, notaire à Pecq. " De l'autre côté de la frontière, certains biens ont perdu près de 30 % de leur valeur. Les investisseurs français se font donc plus rares chez nous et le marché de Wallonie picarde en subit directement les conséquences. A Comines, par exemple, les prix ont baissé de 10,65 % alors que le Hainaut affiche une hausse moyenne de 2,5 %. "Et l'avenir ? " Le prix des habitations devrait rester stable pendant deux ans avant d'augmenter de nouveau ", pronostique Me Tasset. Les acheteurs ont retrouvé leur pouvoir de négociation. La baisse des taux d'intérêt des prêts hypothécaires, la quasi-disparition de l'inflation et les différentes mesures fiscales mises en £uvre par les pouvoirs publics sont autant d'éléments qui devraient permettre aux notaires de garder le sourire. O. H.