Sept milliards de dollars. L'effort que les parlementaires américains sont appelés à consentir pour assainir le bilan des banques est gigantesque. Il dépasse le coût direct, total, de la guerre menée en Irak depuis 2003. Cette somme faramineuse permettrait de racheter aux banques leurs actifs aujourd'hui invendables, afin d'apaiser le marché du crédit et d'éviter de nouvelles faillites dans le secteur. L'objectif est de débloquer la machine bancaire, rouage essentiel de l'économie.
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Sept milliards de dollars. L'effort que les parlementaires américains sont appelés à consentir pour assainir le bilan des banques est gigantesque. Il dépasse le coût direct, total, de la guerre menée en Irak depuis 2003. Cette somme faramineuse permettrait de racheter aux banques leurs actifs aujourd'hui invendables, afin d'apaiser le marché du crédit et d'éviter de nouvelles faillites dans le secteur. L'objectif est de débloquer la machine bancaire, rouage essentiel de l'économie. Compte tenu de l'énormité de la somme, le Trésor américain doit recourir à l'endettement. Ce qui constitue un risque grave pour les finances publiques. Actuellement, l'Etat fédéral est endetté à hauteur de 37 % du PIB. Si l'on y ajoute l'endettement des Etats fédérés et des collectivités locales, la dette américaine s'élève à 52,5 %. Or ces 700 milliards de dollars supplémentaires alourdiraient celle-ci de 5 points. " Cela va aggraver le déséquilibre des finances publiques américaines. Ce qui pose le problème de son financement et porte les germes de difficultés futures ", commente Eric Vergnaud, chef économiste à la BNP Paribas. A long terme, tout ce qui causait la baisse du dollar parce que l'on s'inquiétait de la capacité du monde à financer la dette des Etats-Unis va se reproduire, estime-t-il. Mais comment faire autrement ?" interroge l'économiste. L'annonce de ce plan a avivé les tensions sur les marchés de la dette, qui connaissent une hausse des taux depuis vendredi. " Il y a beaucoup d'inquiétude sur les marchés obligataires, d'autant qu'on ne connaît pas encore le détail du financement de ce plan ", observe Eric Vergnaud. Le risque le plus grave que court le gouvernement américain est de voir les agences de notation dégrader le " rating " de la dette américaine, ce qui obligerait le Trésor à emprunter à des taux plus élevés et rendrait donc le coût de l'opération plus onéreux. Toutefois, ce montant de 700 milliards de dollars ne correspond qu'à l'augmentation du plafond maximal d'endettement des Etats-Unis, que le Congrès est appelé à autoriser. Autrement dit, il s'agit de l'enveloppe que le gouvernement américain pourrait mettre sur la table. Pourtant, rien n'est moins sûr. Il est très probable que, dès le début de l'opération, l'offre de reprise du Trésor permettra de mettre un prix à nombre de ces actifs aujourd'hui non liquides. Les meilleurs segments de ceux-ci pourraient en profiter. Il ne serait alors plus nécessaire de les racheter. Il ne faut pas oublier non plus que ces actifs en passe d'être rachetés sont appelés à être revendus, quand les conditions de marché seront meilleures. Le Trésor américain pourra ainsi se rembourser. Hugo Lattard