Le centre-ville, la plateforme de la gare, et maintenant l'ancien bâtiment Toyota dans le parc de l'Alliance. Le projet de centre administratif de Braine-l'Alleud a déjà connu plusieurs vies, alors qu'il n'a même pas encore vu le jour ! Depuis le milieu des années 2000, la cité brabançonne cherche une solution pour regrouper ses services communaux, actuellement répartis sur six sites différents. " Cette gestion n'est pas durable et manque surtout d'efficacité, remarque Vincent Scourneau, bourgmestre MR de Braine-l'Alleud. Il arrive régulièrement aux signataires ou aux citoyens de devoir se déplacer d'un site à l'autre en voiture, ce n'est pas très pratique. "
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Le centre-ville, la plateforme de la gare, et maintenant l'ancien bâtiment Toyota dans le parc de l'Alliance. Le projet de centre administratif de Braine-l'Alleud a déjà connu plusieurs vies, alors qu'il n'a même pas encore vu le jour ! Depuis le milieu des années 2000, la cité brabançonne cherche une solution pour regrouper ses services communaux, actuellement répartis sur six sites différents. " Cette gestion n'est pas durable et manque surtout d'efficacité, remarque Vincent Scourneau, bourgmestre MR de Braine-l'Alleud. Il arrive régulièrement aux signataires ou aux citoyens de devoir se déplacer d'un site à l'autre en voiture, ce n'est pas très pratique. " Ce constat est partagé par l'opposition, qui reconnaît l'intérêt de la création d'un centre administratif. " Il y a besoin de locaux supplémentaires (NDLR : actuellement, plusieurs bureaux de 13 m2 sont occupés par trois personnes) et il est évidemment plus rationnel de regrouper tous les services ", confie Thérèse Snoy, conseillère communale Ecolo. Mais elle émet toutefois rapidement une première réserve : " Nous gardons néanmoins des doutes sur la pertinence de réunir le CPAS et les services communaux dans un même lieu, pour des raisons évidentes de discrétion. Les bénéficiaires de l'aide sociale devraient au moins pouvoir bénéficier d'une salle d'attente spécifique. " Ce point épinglé n'est cependant qu'un détail à l'échelle de la problématique qui soulève le plus de questions : l'emplacement de ce futur centre administratif. Dans un premier temps, il avait été envisagé de construire une nouvelle aile autour de bâtiments existants, dans le centre-ville. D'après Vincent Scourneau, le projet a dû être abandonné car il était " impayable et infaisable ", notamment pour des raisons de propriété des terrains. Les pouvoirs communaux ont alors jeté leur dévolu sur le plateau de la gare, mais avec de nouveaux déboires à la clé : le terrain choisi appartenait à Infrabel et à la SNCB Holding qui ont finalement refusé de le céder, et les subsides régionaux étaient compromis pour ce site. Après plusieurs alternatives évoquées puis écartées, la dernière solution apparue est celle d'un bâtiment de 7 300 m² situé dans le parc de l'Alliance. Les lieux abritaient autrefois Toyota et ont été achetés par la commune pour 4 millions d'euros en septembre 2013. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette acquisition n'a pas marqué la fin des débats, mais plutôt le début d'une polémique encore plus intense... Rapidement après que l'achat du bâtiment ait été évoqué par les autorités communales, la liste d'opposition des Intérêts Brainois a lancé une pétition contre le projet qui a recueilli près de 1 700 signatures (sur un peu moins de 40 000 habitants). Depuis lors, la situation du bâtiment Toyota est au coeur de toutes les discussions. Contrairement à la majorité des services actuels, l'immeuble se trouve en effet en dehors du centre-ville, à environ 2,5 kilomètres de la Grand-Place Baudouin Ier. L'opposition s'inquiète donc pour l'accessibilité du site, mais également pour l'avenir du centre de Braine-l'Alleud. " Ce déménagement va porter atteinte à l'activité de jour du centre-ville, qui se porte déjà mal, redoute Thérèse Snoy. De plus, les personnes sans voiture auront plus de difficultés à se rendre au centre administratif que dans les locaux actuels. Il faudra donc créer une navette vers le nouveau centre mais quid des coûts que cela va engendrer ? " Le bourgmestre Vincent Scourneau voit évidemment le projet d'un autre oeil et avance ses arguments. " La plupart des sites actuels ne sont pas directement accessibles en transports en commun (NDLR : quelques-uns se trouvent à plusieurs centaines de mètres de la gare) et le parking y est très compliqué, alors qu'une majorité des citoyens s'y rendent en voiture - plus de 70 %, selon une enquête. A l'inverse, le bâtiment Toyota se trouve près d'un arrêt de bus ainsi que d'un futur arrêt RER. Il dispose d'un parking de 200 places et est entouré d'autres parkings de grande capacité. " Le bourgmestre entend ne pas abandonner le centre-ville. Plusieurs des bâtiments qui accueillent actuellement les services communaux seront vendus, mais l'hôtel de ville gardera un rôle central puisqu'il sera ouvert aux associations de la commune. Il ne devrait également pas perdre sa symbolique : les mariages et les conseils communaux s'y tiendront toujours. Comme le souhaite Ecolo, une antenne administrative pourrait aussi être conservée en centre-ville pour servir de relais et permettre de déposer certaines demandes. A noter qu'à l'avenir, l'ancien bâtiment Toyota qui devrait accueillir le centre administratif pourrait se trouver moins excentré qu'actuellement... La zone qui l'entoure est en effet amenée à être urbanisée dans les années à venir, car elle se trouve proche du RER. Un permis d'urbanisme a d'ailleurs été accordé il y a peu pour la construction d'un immeuble d'une septantaine d'appartements à proximité. Reste à voir si le centre administratif verra bel et bien le jour dans l'ancien bâtiment Toyota. Actuellement, rien n'est encore gagné. Le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne a souligné plusieurs couacs dans le projet, à commencer par le fait qu'il se trouve dans une zone d'activité économique mixte et non destinée à recevoir des services publics. Selon le même fonctionnaire, l'implantation du site serait également en contradiction avec le schéma de structure que la commune a adopté il y a peu. Rendra-t-il pour autant un avis négatif pour le permis du projet ? La réponse devrait être connue dans les prochains mois, mais Vincent Scourneau se montre confiant. " Il s'agit juste de pouvoir obtenir une dérogation. Sans vouloir me prononcer trop vite, j'ai cependant de bonnes raisons de croire que le projet aboutira. " Permis ou non, la commune a déjà prévu cette année une enveloppe de 2 millions d'euros pour l'aménagement du bâtiment et son isolation. Des concessions auraient cependant été faites sur les performances énergétiques, faute de budget. Si le projet ne rencontre pas de nouveaux obstacles majeurs, le déménagement des services communaux au parc de l'Alliance pourrait avoir lieu dans le courant de l'année 2015. Les bâtiments sont cependant toujours loués par une entreprise dont le bail court jusqu'en automne 2014... Par Marie-Eve RebtsL'opposition s'inquiète pour l'accessibilité du site, mais également pour l'avenir du centre-ville de Braine-l'Alleud