Ce matin, une maison quatre façades sur 400 m2 de terrain, 110 m2 de surface habitable, s'est vendue à 140 000 euros, en périphérie d'Eupen. Elle date de 1966 : il faut rénover les châssis, faire quelques travaux, investir un peu d'argent pour la rendre performante ", raconte le notaire Jacques Rijckaert, établi dans la ville frontalière. Cet exemple, il l'avance pour deux raisons. La première tient aux différences notables existant entre les biens récents et les biens plus anciens, ceux datés, disons, des années 1960 ou 1970. " Les bâtiments neufs ou récents fonctionnent bien mieux que les plus anciennes maisons, là où les propriétaires n'ont pas investi suffisamment pour adapter les performances énergétiques du bien. Les ventes sont plus difficiles, plus lentes : les maisons finissent par s'écouler, certes, mais à des prix inférieurs. Ici, les gens sont très attentifs aux performances des bâtiments ", estime le professionnel.
...

Ce matin, une maison quatre façades sur 400 m2 de terrain, 110 m2 de surface habitable, s'est vendue à 140 000 euros, en périphérie d'Eupen. Elle date de 1966 : il faut rénover les châssis, faire quelques travaux, investir un peu d'argent pour la rendre performante ", raconte le notaire Jacques Rijckaert, établi dans la ville frontalière. Cet exemple, il l'avance pour deux raisons. La première tient aux différences notables existant entre les biens récents et les biens plus anciens, ceux datés, disons, des années 1960 ou 1970. " Les bâtiments neufs ou récents fonctionnent bien mieux que les plus anciennes maisons, là où les propriétaires n'ont pas investi suffisamment pour adapter les performances énergétiques du bien. Les ventes sont plus difficiles, plus lentes : les maisons finissent par s'écouler, certes, mais à des prix inférieurs. Ici, les gens sont très attentifs aux performances des bâtiments ", estime le professionnel. Le deuxième terreau de son exemple est donc à rechercher de ce côté-là : dans la région, on fait particulièrement attention à la manière dont se comportent énergétiquement les biens immobiliers. Ce que confirme sans sourciller Dany Radermecker, responsable de la plus vieille agence de l'est de la province de Liège, Immo Nyssen : " Le prix de l'énergie est très élevé ; cela n'a pas échappé aux clients. Ils sont de plus en plus sensibles à cette question. Le marché du bien d'occasion a un bel avenir devant lui, mais les gens doivent tenir compte de ce qu'il y a à investir pour améliorer la qualité de l'isolation. Les maisons qui datent d'il y a une quinzaine d'années ne peuvent pas être comparées aux biens datés des années 1960. Les différences de prix sont telles qu'il serait d'ailleurs inopportun de dresser une fourchette de valeurs. "Pour l'agent immobilier, la période semble plutôt faste. Il parle d'un " marché sain " et en bonne forme, surtout depuis le retour des... problèmes bancaires européens. De fait, quand les institutions financières vacillent ou montrent leur fragilité, bon nombre d'investisseurs (pris au sens global) préfèrent parier sur le solide. L'immobilier, à cet égard, n'a plus vraiment à faire ses preuves... " Les gens ont l'air de se dire que c'est le moment d'acheter. Ils se demandent si les crédits hypothécaires n'augmenteront pas dans un avenir proche et s'il n'est pas plus prudent d'investir dans la brique plutôt que de placer son argent en banque ", assure le courtier. Prenons Eupen. Imaginons un couple qui y cherche une petite maison deux façades, trois chambres, un petit jardin ou une cour. A quel type de tarif pourra-t-il trouver son bonheur ? " Pour 160 000 - 170 000 euros, on peut trouver une bonne maison deux façades, voire trois façades. Même une petite quatre façades, comme vous le montrait l'exemple que je vous ai donné ", signale le notaire Jacques Rijckaert. D'après Dany Radermecker, " pour 120 000 euros, il est possible de trouver une maison saine, mais avec quelques travaux d'amélioration à effectuer ". Pour autant, tout le monde n'a pas envie de mettre les mains dans le cambouis pour " améliorer " sa maison et ses performances. Ce qui explique le succès du neuf et des terrains à bâtir dans la région. " Les terrains à bâtir se vendent particulièrement bien, à des prix pouvant atteindre 115 à 120 euros/m2 : c'est toujours cette même question de la performance énergétique qui revient au moment de faire le choix d'un bien neuf (les appartements neufs s'écoulent eux aussi facilement, à des prix tournant autour des 2 500 euros/m2) ", lance encore le notaire Rijckaert. Du côté de l'Immo Nyssen, on... recherche carrément des terrains. Histoire de satisfaire une clientèle qui en semble bien friande. Les fourchettes de prix varient, dans ces cas-là, selon les villages : " Des localités comme Sourbrodt gardent des prix raisonnables, mais dès qu'on va à Hergenrath ou Hauset, les prix augmentent de manière sensible ", explique Dany Radermecker. Même son de cloche du côté de Malmedy, auprès de l'agent et géomètre-expert Frédéric Pecher, de l'agence P & R Immo (filiale de IGA). D'après lui, les prix varient très fort d'un village à l'autre. " En région rurale, on trouve des terrains autour des 35 euros/m2. Si on se déplace à la périphérie de Malmedy, on passe à 60 euros et si on arrive du côté de Spa, on grimpe carrément entre 80 et 100 euros/m2. " La différence, d'après le courtier, c'est que les prix des terrains n'augmentent pas. Il y aurait même une légère diminution, même si cette dernière serait moins importante que pour les maisons. Dans le rapport " 2010 " émis au début de cette année par les notaires de la province, ce type de constat revenait lui aussi, révélant par la même occasion l'importance de la situation géographique par rapport aux axes routiers : " Les communes plus au sud dans l'axe de l'E42 et de l'E25 telles que Stoumont, Stavelot, Malmedy,... ont suivi la tendance générale d'une reprise de l'activité, mais n'ont pas profité d'un même niveau d'augmentation des prix, en particulier pour les terrains à bâtir. En effet, si le prix des immeubles bâtis reste stable, on constate qu'au niveau des terrains à bâtir, les prix moyens n'augmentent pas et on constate même une légère diminution, surtout en dehors des zones plus urbaines ", affirmaient les notaires liégeois. Lesquels fixaient, à Malmedy, le prix moyen du terrain à 52,50 euros/m2, alors que le même exercice, pour les maisons, donnait une valeur de 127 500 euros. Pour la petite histoire, le rapport fixait les prix eupenois à 114 euros/m2 pour le foncier, et à 130 000 euros pour les maisons jointives. C'est donc vraiment au niveau des terrains que la différence se fait sentir, entre les deux entités. Revenons à Malmedy. Frédéric Pecher, dont le " core business " se situe globalement dans les " quatre façades ", témoigne : pour 180 000 euros, on pourra trouver une " trois façades " en bordure de ville, voire, plus difficilement, une " quatre façades ", mais avec des travaux à effectuer. Pour 275 000 euros, on tombera sur des " quatre façades " de quinze à vingt ans en bon état, avec un terrain de 1 500 m2. " Maintenant, les biens recommencent à se vendre, mais à des tarifs plus abordables. J'avais, par exemple, une maison à vendre à 275 000 euros. Elle est restée un an sur le marché pour se vendre, finalement, à 215 000 euros. C'est une différence considérable. Les valeurs ont augmenté très fort jusqu'en 2008, au point même de voir certains vendeurs exagérer. Ils ont mis du temps à comprendre qu'ils devaient adapter leurs prix. "Comme à Eupen, l'engouement pour le neuf ne se dément pas : " Les prix des appartements sont très similaires à ceux des maisons (entre 85 et 115 m2, on en aura pour 190 à 250 000 euros, hors TVA). L'engouement est fort dans ce segment. A nouveau, les immeubles neufs se construisent à la chaîne : je crains peut-être une petite saturation à l'avenir ", avance encore Frédéric Pecher. GUY VERSTRAETENLa brique ou la banque ? Les gens pensent à l'achat