Le business autour de la mort est au moins autant tabou que profitable. Qui, face à un décès inopiné, fait le tour des entreprises de pompes funèbres et négocie un enterrement comme on achèterait une voiture ? A priori, pas grand monde, évidemment. Pourtant, bien que le métier soit florissant et... plein d'avenir, les vocations entrepreneuriales pour s'installer " croque-morts " sont - dans ce secteur là aussi - loin d'être légion. Et ceux qui, malgré tout, voudraient se lancer dans l'aventure en rachetant une affaire, trouvent souvent en face d'eux le groupe néerlandais Dela, dont on dit qu'il est peu avare quand ...

Le business autour de la mort est au moins autant tabou que profitable. Qui, face à un décès inopiné, fait le tour des entreprises de pompes funèbres et négocie un enterrement comme on achèterait une voiture ? A priori, pas grand monde, évidemment. Pourtant, bien que le métier soit florissant et... plein d'avenir, les vocations entrepreneuriales pour s'installer " croque-morts " sont - dans ce secteur là aussi - loin d'être légion. Et ceux qui, malgré tout, voudraient se lancer dans l'aventure en rachetant une affaire, trouvent souvent en face d'eux le groupe néerlandais Dela, dont on dit qu'il est peu avare quand il s'agit de développer ses parts de marché chez nous. Aujourd'hui, il couvre actuellement un enterrement sur dix. Mais sous le couvert de la marque des affaires familiales rachetées. Soit 63 vitrines couvrant 120 implantations réparties sur l'ensemble du pays. On le retrouve ainsi notamment sur Liège (Dethier, Georis...), sur Namur (Laloux, Chaudoir), dans le Hainaut (Marchant, Duvivier...). Dela exploite aussi ses propres crématoriums (Mons, Vilvorde, Bruges, sans compter une participation minoritaire dans celui de Charleroi) et occupe une place de choix dans le créneau des assurances couvrant les frais funéraires. Dela est effectivement mieux connue du grand public comme assureur spécialisé dans les coûts funéraires. Pour sa promo, il n'a pas hésité à recourir aux services de personnalités telles qu'Adamo ou Koen Wauters (groupe Clouseau). Déjà dotée en Belgique d'un portefeuille de 303 000 assurés, cette compagnie néerlandaise (présente chez nous depuis 1989) vient tout juste de doubler de taille - et même plus - en rachetant à AXA Belgium sa branche d'activité Lilas (nom donné aux contrats couvrant les frais funéraires chez AXA Belgium). L'affaire a été conclue au début de ce mois. Si aucun chiffre valorisant le montant de cette transaction n'a jusqu'ici été dévoilé, on souligne chez Dela que " cette reprise va augmenter dans une large mesure la force de distribution ". Il faut dire que cette transaction s'accompagne aussi du transfert de 134 collaborateurs d'AXA Belgium vers Dela. Reste que la promiscuité entre l'activité d'assurances et l'activité opérationnelle peut interpeller. Qu'en serait-il, demain, si des assureurs comme DKV se mettaient carrément à acheter des hôpitaux ou si des assureurs de rentes reprenaient à tour de bras des maisons de repos ? " Il peut en tout cas apparaître cohérent à des assureurs de chercher une logique d'affinités, voire d'activités croisées, par rapport à leurs activités de base, explique Wauthier Robyns, directeur de la communication d'Assuralia. A-t-on trouvé à redire lorsque les assureurs se sont mis à faire de la banque et vice versa ? Plus récemment, on vu aussi l'autre acteur du marché [NDLR : Ethias] investir dans des infrastructures immobilières orientées "maisons de retraite". Cela correspond parfaitement avec leur perception des flux démographiques et leur perception du long terme. Tout au plus faut-il veiller à ne pas se mettre en délicatesse avec le droit de la concurrence. "JEAN-MARC DAMRY