Il y a six ans, le graphiste, éditeur et anthropologue Alexandre Laumonier publiait 6, un éblouissant récit mettant au jour un des aspects les plus ignorés de l'économie contemporaine : ce que nous continuons à appeler " la Bourse " n'existe plus. Non seulement les grandes places boursières ont toutes fait l'objet de rachats qui en ont déplacé le siège auprès de grands groupes internationaux (comme Euronext, installé à Amsterdam, qui possède la Bourse de Bruxelles), mais leurs bâtiments ne sont désormais plus que des coquilles vides. Dans 6, Alexandre Laumonier expliquait que cela faisait longtemps que les cris des courtiers et les tableaux de valeur avaient été remplacés par des serveurs et des bases de données installées dans des banlieues anonymes. Wall Street ? A Mahwah, dans le New Jersey. Le London Stock Exchange ? Dans un petit village campagnard, loin de la ville. Un an plus tard, il récidivait avec 5, qui décrivait l'histoire de la montée en puissance des algorithmes de trading à haute fréquence, réalisant des quantités ahurissantes de micro-opérations boursières dans des intervalles de temps ultraréduits. Adieu les grands mouvements d'action : place aux myriades d'achats et de ventes presque instantanées, à des valeurs plancher. Avec 4, on se rend compte que la quête du gain de temps permettant d'avoir de l'avance sur les adversaires en matière de microtransactions se poursuit - cette fois dans le domaine des micro-ondes.
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