Le Vif/L'Express : Philippe Moureaux, vous êtes sénateur et vice-président du Parti socialiste. Vous avez été professeur d'histoire à l'ULB. Pensez-vous que les universitaires francophones ont parfois fait le jeu de la N-VA ?

Philippe Moureaux : C'est un problème de culture. Les experts flamands, à 80-90 %, défendent les thèses flamandes, et voient ensuite comment les justifier dans leurs théories. Les universitaires francophones, c'est l'inverse : ils veulent montrer leur autonomie. Avec parfois un malin plais...

Philippe Moureaux : C'est un problème de culture. Les experts flamands, à 80-90 %, défendent les thèses flamandes, et voient ensuite comment les justifier dans leurs théories. Les universitaires francophones, c'est l'inverse : ils veulent montrer leur autonomie. Avec parfois un malin plaisir à contredire son propre camp. Je me suis toujours dit ça ! Quand on fait partie d'une communauté, on doit sortir de cette espèce de coquetterie à vouloir descendre son propre camp. Cela n'empêche pas de travailler en toute objectivité. Je ne suis pas un spécialiste. Les spécialistes que j'ai rencontrés au PS le pensent. Philippe Van Parijs, c'est un homme obsédé par le monde anglo-saxon. Selon lui, la culture francophone est sans grand intérêt. Il n'est donc pas conceptuellement en mesure de défendre les intérêts des francophones. C'est impossible pour lui, vu sa vision de l'avenir où tout le monde parlera un baragouin anglais. Avec de telles positions, il favorise les thèses flamandes, c'est logique. Lui ne doit pas être choqué quand Pascal Smet (SP.A) défend l'enseignement de l'anglais, à la place du français, dans les écoles flamandes. Face aux propos violents que subissent les francophones, je remarque une prise de conscience de la presse. Il y a encore des journalistes à genoux devant De Wever, mais c'est une poignée. Chez les universitaires, je vois aussi une prise de conscience de l'étau dans lequel on essaie de nous enfermer. F.B.