En 1965, Gordon Moore, prédisait le doublement, tous les dix-huit mois et ce jusqu'en 1975, du nombre de transistors par circuit intégré. Il ne s'était pas trompé. En sortant, début mai, son nouveau Pentium cadencé à 1,7 gigahertz, Intel, en plus de prolonger la prédiction de Moore, son président émérite, reprenait un petit avantage sur son concurrent AMD dans la course à la puissance. Il est en effet loin le temps où le géant de Santa Clara, seul fondeur capable de fournir des processeurs en quantité, était l'unique fabricant en lice.
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En 1965, Gordon Moore, prédisait le doublement, tous les dix-huit mois et ce jusqu'en 1975, du nombre de transistors par circuit intégré. Il ne s'était pas trompé. En sortant, début mai, son nouveau Pentium cadencé à 1,7 gigahertz, Intel, en plus de prolonger la prédiction de Moore, son président émérite, reprenait un petit avantage sur son concurrent AMD dans la course à la puissance. Il est en effet loin le temps où le géant de Santa Clara, seul fondeur capable de fournir des processeurs en quantité, était l'unique fabricant en lice.En 1971, les 2 300 transistors du microprocesseur 4004, destinés principalement aux calculatrices, affichaient un score de 0,06 MIPS, soit 0,06 million d'instructions par seconde. Cette unité de mesure, bien qu'assez aléatoire - le temps d'exécution d'une instruction étant variable -, demeure encore une référence pour comparer la puissance des processeurs. En 1982 sort le 80286, l'ancêtre de nos puces actuelles. Cadencé à 12 MHz, pour un score de 2.66 MIPS, le nouveau venu servira de rampe de lancement au DOS de Microsoft, avant de se faire détrôner en 1985 par le 80386, plus connu sous le vocable de 386. Le 386, voilà une belle puce! Avec plus de 275 000 transistors embarqués, ce processeur ouvre la voie à la micro-informatique familiale, puisqu'il verra l'apparition de Windows 3.0, ainsi que la première réplique de la concurrence: AMD sort le 386 DX 40. En 1991 commence le règne du 486 qui franchira les 100 MHz, avant de disparaître en 1993 derrière le premier Pentium cadencé à 60 MHz. Sensible à la surchauffe et truffé de bogues, le Pentium ne prendra véritablement son envol commercial qu'en 1995, avec la version 120 MHz, qui affiche 203 MIPS pour 3,2 millions de transistors. A partir de là, les choses vont s'accélérer : 500 MHz pour le Pentium III en 1999, 1 gigahertz pour le Pentium 4 en 2000 et probablement 2 gigahertz à la rentrée prochaine. En moins de deux ans, les fréquences ont quadruplé tandis que la finesse de la gravure a atteint 0,18 micron. Cette finesse de gravure, en plus d'influencer l'avenir des processeurs, pèse également sur votre portefeuille. Pour chaque nouvelle gravure qui permet de placer toujours plus de transistors sur une même surface, il est nécessaire de construire une nouvelle ligne de production obsolète trois ans plus tard. Dès lors, lorsque l'on achète un processeur, on paie une partie de l'usine qui l'a produit. Ce n'est qu'en fin de vie, une fois l'installation rentabilisée et une autre construite juste à côté, que le prix de la puce devient donc intéressant. Mais revenons à l'histoire. Un proche avenir (les spécialistes parlent de l'année 2015) verra la fin des processeurs actuels. A cette époque, la gravure sera tellement fine (0,05 micron) que les électrons qui circuleront dans les circuits intégrés sortiront de leur domaine et provoqueront d'inévitables erreurs, un phénomène connu des physiciens sous le nom d'"effet tunnel". Le silicium devra alors laisser la place à des procédés actuellement testés en laboratoire. On parlera de nanotechnologies avec des processeurs optiques dans lesquels ne circuleront plus des électrons mais des photons (particule élémentaire, associée aux ondes électromagnétiques comme la lumière ou les rayons X) ou des processeurs à ADN qui se baseront sur de longues chaînes moléculaires pour effectuer des calculs. Ou encore,- pourquoi pas -, des ordinateurs quantiques (certains sont déjà opérationnels) très instables, mais qui pourraient, si l'on trouve des systèmes de correction d'erreurs ad hoc, devenir les calculateurs du futur. Car, ne l'oublions pas, un ordinateur ne fait rien d'autre que de compter sur ses doigts à des vitesses qui dépassent, accordons-lui ce petit avantage, l'entendement humain.Informations: A History of the Microprocessor, sur www.intel.com/intel/museum/25anniv. Vincent Genot