Fondée dans le parc scientifique en 1996, Neurotech travaillait initialement à la création d'une prothèse visuelle. Son procédé visait à rendre la vue à des patients qui l'avaient perdue. Comment ? En stimulant le cerveau de manière qu'il reconstitue les images filmées par une caméra. Pour y parvenir, le patient porte des lunettes équipées d'un objectif. L'image est traitée par un micro-ordinateur qui la traduit en impulsions électriques. Celles-ci sont envoyées sur le nerf optique de sorte que le cerveau recrée l'image voulue. " Les deux patients que nous avons équipés parviennent à "voir" des couverts blancs ...

Fondée dans le parc scientifique en 1996, Neurotech travaillait initialement à la création d'une prothèse visuelle. Son procédé visait à rendre la vue à des patients qui l'avaient perdue. Comment ? En stimulant le cerveau de manière qu'il reconstitue les images filmées par une caméra. Pour y parvenir, le patient porte des lunettes équipées d'un objectif. L'image est traitée par un micro-ordinateur qui la traduit en impulsions électriques. Celles-ci sont envoyées sur le nerf optique de sorte que le cerveau recrée l'image voulue. " Les deux patients que nous avons équipés parviennent à "voir" des couverts blancs posés sur une table noire, explique le directeur des ventes, Peter Bergsma. Malheureusement, faute de capitaux, nous n'avons pas pu perfectionner notre dispositif. " Les recherches ont été suspendues au moment où une autre technique, stimulant la rétine, s'est développée aux Etats-Unis. Plus performante que celle imaginée à Louvain-la-Neuve, cette méthode s'imposera vraisemblablement sur le marché. Ce revers a amené Neurotech à changer de stratégie. " Nous avons adapté notre savoir-faire au traitement de l'épilepsie ", poursuit Peter Bergsma. Comme cette maladie s'assimile à un désordre momentané du cerveau, le procédé est semblable mais appliqué au nerf vague. Véritable autoroute des signaux corporels, ce nerf va de l'estomac au cerveau. Il y conduit toute une série d'informations comme, par exemple, la sensation de satiété. Les impulsions destinées à réduire les crises sont envoyées grâce à un implant de 4,5 centimètres sur un peu plus de 3 centimètres. D'un poids de 20 grammes, il est placé au-dessus du c£ur et relié au nerf par le biais d'une électrode. Ce dispositif n'est pas, à proprement parler, une invention de Neurotech, mais l'amélioration d'un procédé conçu par la société américaine Cyberonics. " Un des atouts de notre implant est qu'il est équipé d'une batterie rechargeable ", souligne-t-on à Louvain-la-Neuve. La recharge se fait toutes les trois semaines grâce à une petite ventouse à induction qu'on pose sur la peau. Sa durée de vie passe ainsi de cinq à dix ans, ce qui réduit la fréquence des opérations chirurgicales de placement ainsi que les dépenses d'achat (chaque implant coûte 10 000 euros). Autres améliorations apportées par la société néolouvaniste : une électrode plus simple à installer et un enregistrement permanent des impulsions et des réactions que celles-ci engendrent. Grâce à ces mesures, Neurotech espère affiner les traitements en fonction des patients. Sous réserve d'une ultime autorisation européenne, la commercialisation démarrera fin de cette année en Europe du Nord, notamment en Belgique où cinq hôpitaux posent déjà chaque année une centaine d'implants américains. Pour Neurotech et ses 14 employés, ce ne sera qu'une première étape. La stimulation des nerfs et du cerveau ouvre des perspectives dans le traitement d'autres affections comme la dépression, la maladie de Parkinson, l'obésité et l'apnée du sommeil. Celle-ci fait d'ailleurs déjà l'objet d'études aux cliniques Saint-Luc, à Bruxelles. H.V.