C harleroi a une gueule de cinéma, les pros le savent ", observe Dominique Dubuisson, chargé de la production du film. " Nous, ce n'est pas un cadre que nous sommes venus chercher, mais une véritable mobilisation derrière ce projet unique et participatif. " L'aventure commence avec la rencontre entre la comédienne Dominique Smeets et Dominique Dubuisson. En 2009, ils évoquent le projet de faire un film et en évaluent le coût : 1,5 million d'euros. Deux options s'offrent à eux pour lever ce montant. Ou bien se présenter aux guichets de la production traditionnelle en déposant un dossier de...

C harleroi a une gueule de cinéma, les pros le savent ", observe Dominique Dubuisson, chargé de la production du film. " Nous, ce n'est pas un cadre que nous sommes venus chercher, mais une véritable mobilisation derrière ce projet unique et participatif. " L'aventure commence avec la rencontre entre la comédienne Dominique Smeets et Dominique Dubuisson. En 2009, ils évoquent le projet de faire un film et en évaluent le coût : 1,5 million d'euros. Deux options s'offrent à eux pour lever ce montant. Ou bien se présenter aux guichets de la production traditionnelle en déposant un dossier de subvention auprès de la Communauté Wallonie-Bruxelles (" ce qui équivaut à espérer le gros lot à la roue de la fortune " selon le chargé de production), ou bien faire appel à la solidarité à travers une vaste opération de coopération et de sponsoring. En septembre 2009, ils mettent en vente 12 000 actions d'une valeur de 125 euros qui représentent la totalité du budget. " Chaque souscription ouvre des droits à une participation au bénéfice mais aussi au tournage en tant que figurant ", explique Dominique Dubuisson. Bouche- à-oreille aidant, les citoyens mécènes se multiplient. " Ils sont au nombre de 458, certains ayant investi dans l'achat de plusieurs parts. " Via le tax shelter, des entreprises soutiennent la production comme Rackstore ou Baudet international qui investissent 50 000 euros, d'autres s'engagent en tant que sponsors en offrant des services. C'est le cas de l'enseigne de distribution Mestdagh qui assure le catering. " Au bout du compte, il faut considérer que nous avons déjà obtenu 1,1 million d'euros. Si l'on tient compte des promesses qui doivent bientôt se concrétiser, il ne faut plus lever que de 200 000 euros pour boucler le financement. " Confiant, Dominique Dubuisson confirme la tenue du calendrier : après le tournage, l'été dernier, la scénariste réalisatrice Dominique Smeets travaille d'arrache-pied au montage du film, dont la sortie officielle est prévue en 2013. " Nous en avons déjà présenté de larges extraits lors de projections publiques, comme au ciné le Parc devant le ministre Furlan ", détaille Dominique Dubuisson. Qui se refuse à réduire le long-métrage à un film par et seulement pour les Carolos. " A côté du sosie local de Johnny Halliday (dans le premier rôle masculin) et de figures de la scène régionale, nous avons des acteurs confirmés comme Chantal Ladesou ou Patrick Ridremont. Si bien que cette comédie qui raconte le rêve cannois d'une Barbie de banlieue voit très au-delà des frontières carolos. " Une quarantaine des 200 scènes tournées l'ont été en France, dont quelques-unes devant le palais des Festivals. Pour les autres, on ne sort pas de l'arrondissement de Charleroi, poursuit Dubuisson. On reconnaît d'ailleurs Marcinelle et Couillet, l'abbaye d'Aulne et la haute Sambre. Pour nous, le film est un moyen de lutter contre l'image négative de Charleroi, d'en montrer la chaleur et les bons côtés. "D.A.