L'association de fait " Symboles et neutralité " est née en 2004 après que les participants d'une noce eurent trouvé un crucifix à leurs yeux inopportun dans la salle des mariages qui les accueillait. Avec pour slogan : " La neutralité n'est pas une opinion, c'est le droit d'en avoir une ", S&N surveille donc, depuis, les pouvoirs publics pour qu'ils respectent davantage la norme, qui passe par le droit international, la Constitution belge, un arrêté royal, cinq circulaires ministérielles et deux décrets de la Communauté française !
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L'association de fait " Symboles et neutralité " est née en 2004 après que les participants d'une noce eurent trouvé un crucifix à leurs yeux inopportun dans la salle des mariages qui les accueillait. Avec pour slogan : " La neutralité n'est pas une opinion, c'est le droit d'en avoir une ", S&N surveille donc, depuis, les pouvoirs publics pour qu'ils respectent davantage la norme, qui passe par le droit international, la Constitution belge, un arrêté royal, cinq circulaires ministérielles et deux décrets de la Communauté française ! Car, pour l'association et son président actuel, Michel Meurice, le symbole religieux " n'a pas sa place dans les ministères, tribunaux, communes et Cpas, ni davantage à l'école ". Cependant, la démarche n'est pas aveugle : " Nous ne visons nullement les £uvres d'art qui, bien que reprenant un ou plusieurs symboles religieux, doivent être considérées comme patrimoine commun. " Le travail de l'association est-il fructueux ? C'est selon. Ainsi, en 2008, un crucifix installé dans une salle accueillant des réunions du Cpas de Profondeville avait posé problème. Après divers échanges avec la commune, le crucifix était resté... mais les réunions avaient été déplacées. Même année, même commune : un autre crucifix ornait la salle où se tenait le conseil communal. Bien que considéré par la commune comme une £uvre d'art, il avait été déplacé dans un lieu inaccessible au public. En 2009, la justice de paix de Vielsalm tombait dans le collimateur de S&N parce qu'un crucifix - encore... - ornait ostensiblement son prétoire. Signalant au juge de paix qu'une décision rendue en appel le 21 janvier 1994 par la justice d'Audenarde avait formé jurisprudence (en annulant un jugement à cause de la seule présence d'un crucifix lors de la première procédure), l'association lui demandait le retrait du symbole religieux. Refusé, au motif qu'une lettre envoyée au ministre de la Justice de l'époque sur le sujet en 2001 était restée sans réponse. Mais S&N n'a pas dit son dernier mot. D'autres cas, comme pour un crucifix de plus dans un centre de rencontres de Zottegem, ont été résolus par un unique courrier. Parfois, c'est tout le contraire. Cas emblématique, pour l'association, avec le grand crucifix, laiton et bois verni, qui ornait la salle des mariages de la maison communale de Rixensart et qui vient d'être déplacé voici peu. Symboles et neutralité s'y était attaché en 2004, sans obtenir de la bourgmestre d'alors, la libérale Jacqueline Herzet (MR), qu'il soit déboulonné, malgré de nombreux courriers. Dès l'installation du nouveau Collège des bourgmestre et échevins, en janvier 2007, S&N avait rappelé le problème aux édiles. Sans effet. Une rencontre de septembre 2008 dans le bureau du bourgmestre élu, Jean Vanderbecken (Nouvelle alliance pluraliste), s'était tenue sur le mode aigre-doux. D'ultérieurs courriers, recommandés y compris, étaient restés vains, jusqu'à l'annonce en février 2009 d'une prochaine mise en conformité du local à la faveur d'une rénovation. Un an après, rien n'avait toutefois changé. Une visite d'huissier (mars 2010) et un courrier (juillet 2010) du ministre des Pouvoirs locaux Paul Furlan (PS) plus tard, Rixensart changeait finalement son fusil d'épaule : s'il n'est plus question de rénovation, le crucifix a bel et bien disparu. " Je pense qu'ils avaient raison sur le fond, mais la méthode, ces pressions puis cette quasi-manifestation dans mon bureau, m'a déplu. C'est vrai, je me suis un peu fichu d'eux ", reconnaît désormais M. Vanderbecken, avec le sourire. En justifiant de facto la ténacité de Symboles et neutralité. ROLAND PLANCHAR