Faudra-t-il troquer les talons hauts pour les bottes en caoutchouc ? L'Opéra de campagne qui accueillera le public durant les deux prochaines saisons ressemblera à ça : un chapiteau noir en forme de tunnel, long de 70 mètres, large de 35 et haut de près de 13 mètres, implanté sur le site de Bavière (voir également en page 98) dès le mois de juin. Un lieu d'accueil provisoire, le temps de restaurer l'Opéra royal de Wallonie, le vrai, au centre-ville.
...

Faudra-t-il troquer les talons hauts pour les bottes en caoutchouc ? L'Opéra de campagne qui accueillera le public durant les deux prochaines saisons ressemblera à ça : un chapiteau noir en forme de tunnel, long de 70 mètres, large de 35 et haut de près de 13 mètres, implanté sur le site de Bavière (voir également en page 98) dès le mois de juin. Un lieu d'accueil provisoire, le temps de restaurer l'Opéra royal de Wallonie, le vrai, au centre-ville. Ce chapiteau est importé tout droit de Venise, où il a abrité les productions de la Fenice durant une dizaine d'années. La structure disposera de 1 100 places, d'une fosse pouvant accueillir 90 musiciens, d'un foyer de 500 m2 et de loges pour les artistes. Coût d'achat de la structure et de son installation : 900 000 euros. Une somme partiellement prise en charge par la Communauté française. Mais la Ville sait déjà comment limiter l'investissement : en renvoyant l'installation, à terme, à son vendeur. Pour le reste, Liège a bloqué un budget de 500 000 euros afin de couler la dalle de béton qui accueillera l'infrastructure et aménager les abords. Car accueillir le public d'un Opéra en plein c£ur d'un chancre, ça ne se fait pas. Le vieux bâtiment de la dentisterie sera habillé d'une toile, histoire de cacher ses vitres brisées et ses graffitis. Et un parking sera aménagé dans le terrain vague. L'installation de ce chapiteau laisse le champ libre aux entreprises chargées de restaurer le bâtiment historique de l'Opéra royal de Wallonie. Le budget est évalué à 27 millions d'euros, pris en charge à 50 % par les fonds européens FEDER, à 40 % par la Région wallonne et à 10 % par la Ville. Construit en 1820, remanié en 1860, le bâtiment classé depuis 2000 a bien besoin de cette restauration. Car, au fil du temps, il en a vu de toutes les couleurs. Des rénovations généralement guidées par de moindres dépenses en ont détruit l'harmonie. D'ici à deux ans, il devrait retrouver son aspect néoclassique. Les décors anciens seront reconstitués. L'intervention contemporaine, voulue sobre par l'association de trois bureaux d'architecture, A2RC, Architectes associés et Origin, s'implantera sur le toit. Un volume à structure d'acier, bardé d'un claustra métallique couleur cuivre, qui fera la part belle aux énergies renouvelables. Cette extension de trois niveaux par le haut permettra d'agrandir la cage de scène et de créer une salle de répétition. Les services administratifs, actuellement délocalisés dans un immeuble voisin, y trouveront également leur place. A-C.D.B.