Toute cette médiatisation m'étonne, soupire Jean-Louis Vanherweghem, président du conseil d'administration (CA), en poste depuis huit ans et en fin de mandat. Ce n'est pas une première dans l'histoire de l'université ! " Il a raison : en 175 années d'existence, cinq recteurs ont démissionné. Mais un recteur qui jette l'éponge, tout de même, ce n'est pas banal. C'était le lundi 20 septembre. Ce soir-là, le CA recale, parmi l'équipe proposée par le recteur Philippe Vincke, deux vice-recteurs (l'ULB en compte cinq, plus un adjoint, pour assister le recteur dans sa tâche), en l'occurence Philippe Bouillard et Cécile van de Leemput. En réaction, Vincke claque la porte, sous prétexte que l'université serait victime de quelques " stratè...

Toute cette médiatisation m'étonne, soupire Jean-Louis Vanherweghem, président du conseil d'administration (CA), en poste depuis huit ans et en fin de mandat. Ce n'est pas une première dans l'histoire de l'université ! " Il a raison : en 175 années d'existence, cinq recteurs ont démissionné. Mais un recteur qui jette l'éponge, tout de même, ce n'est pas banal. C'était le lundi 20 septembre. Ce soir-là, le CA recale, parmi l'équipe proposée par le recteur Philippe Vincke, deux vice-recteurs (l'ULB en compte cinq, plus un adjoint, pour assister le recteur dans sa tâche), en l'occurence Philippe Bouillard et Cécile van de Leemput. En réaction, Vincke claque la porte, sous prétexte que l'université serait victime de quelques " stratèges assoiffés de pouvoir ". En ligne de mire : Fabrizio Bucella, le vice-président du CA. Certes, le tandem Vincke-Vanherweghem (qui se partage la direction générale) n'a jamais été facile, et leurs relations ont toujours été houleuses. Mais pourquoi une crise ? Pour comprendre, il faut remonter à décembre 2009, date du dernier scrutin au sein du CA, qui a vu le " centre de gravité " se déplacer. Le corps académique - le recteur, les vice-recteurs, les doyens et les représentants des professeurs -, jusqu'alors majoritaire au sein du CA, s'est fait souffler la majorité par le pôle Interfacultaire - les chercheurs, le personnel administratif et technique, les étudiants et quelques professeurs dissidents. Avec pour résultat : une cohabitation tendue pendant de longs mois, surtout entre le président Vanherweghem et son vice-président Fabrizio Bucella d'un côté, et l'équipe rectorale, de l'autre. Dans le " clan " Interfac, on suspecte l'équipe Vincke d'avoir prémédité sa capitulation à la suite de sa démission le 20 septembre dernier, un nouveau vote (prévu le 7 décembre) aura lieu permettant ainsi de renouveler le CA. Philippe Vincke, en tout cas, n'accepte pas la non-reconduction de Philippe Bouillard, son " chef de cabinet ", dont il est proche. Mais, au-delà, le clivage entre les deux clans se situe autour de " l'exercice de la gouvernance ". En clair : le groupe Interfac veut renforcer le pouvoir du CA, quand le corps académique estime que le CA doit " débattre des grandes orientations et laisser la gestion quotidienne aux organes proches du terrain [ NDLR : les facultés, par exemple]. " Le 17 janvier 2011 verra une autre élection, celle du président du CA. Le socialiste Fabrizio Bucella (36 ans) brigue la place. Le " clan " Interfac serait acquis à sa candidature. Mais elle n'a pas l'air de rallier le PS. En effet, depuis plusieurs mois, l'ULB s'oppose au scénario porté par le ministre Marcourt et le président du PS Di Rupo d'organiser un pôle montois, à côté des pôles bruxellois, louvaniste et liégeois. Pour des raisons simples : un pôle-académie à Mons priverait l'ULB de recrues et de ressources. Bucella, lui, s'y est ouvertement opposé, quand d'autres l'ont fait dans une discrétion plus stratégique. L'enjeu est donc bien politique. Pas du tout, prétend-on à la présidence du CA comme au rectorat. Le corps académique, s'il rejette le plan montois, préfère négocier discrètement, en tout cas " hors du champ médiatique ". Le candidat Bucella est-il déjà brûlé ? Mais qui alors pour occuper la présidence ? On évoque un candidat venu de l'extérieur. Un PS qui favoriserait les intérêts du parti avant ceux de l'ULB, comme le craint l'Interfacultaire ? Pur fantasme, sans doute : " Personne n'est le relais d'un parti ", souligne un doyen. La bataille n'est pas finie, et la(s) campagne(s), elle(s), ne fait (font) que commencer. SORAYA GHALIle clivage des deux clans se situe autour de l'"exercice de la gouvernance"