Donald Trump joue gros à la Convention républicaine qui se tient à Cleveland du lundi 18 au jeudi 21 juillet. Non que sa candidature, forgée dans les primaires, puisse encore souffrir la contestation au sein d'un parti dont il s'est longtemps tenu à distance. Mais la faculté qu'il aura ou non d'emporter l'adhésion du plus grand nombre de cadres et de militants permettra d'évaluer ses chances de rivaliser avec la candidate démocrate Hillary Clinton lors de l'échéance finale en novembre. Alors que, de surcroît, elle le supplante dans les derniers sondages d'opinion.
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Donald Trump joue gros à la Convention républicaine qui se tient à Cleveland du lundi 18 au jeudi 21 juillet. Non que sa candidature, forgée dans les primaires, puisse encore souffrir la contestation au sein d'un parti dont il s'est longtemps tenu à distance. Mais la faculté qu'il aura ou non d'emporter l'adhésion du plus grand nombre de cadres et de militants permettra d'évaluer ses chances de rivaliser avec la candidate démocrate Hillary Clinton lors de l'échéance finale en novembre. Alors que, de surcroît, elle le supplante dans les derniers sondages d'opinion. Le dilemme est de taille pour le magnat de l'immobilier lancé en politique. Soit il endosse une part au moins du programme des Républicains, au risque d'apparaître intégrer le système et de renier le combat qui a fait son succès. Soit il continue à s'en émanciper en s'exposant au danger d'être privé dans le sprint final de la force de frappe du parti. Finies les rodomontades du début de la campagne, Donald Trump va devoir apprendre à transiger. Le simple fait d'envisager qu'il puisse devenir le 45e président des Etats-Unis au lendemain du 8 novembre situe le défi qui se pose aujourd'hui à la démocratie représentative, minée par la fracture entre les élites et le peuple. Les Républicains sont le parti de " ceux que la dernière génération de la mondialisation a laissés sur le côté ", observe l'éditorialiste du Financial Times Christopher Caldwell. Et c'est pour cela que Donald Trump a des chances d'être élu. On n'ose dès lors imaginer quel " ordre " mondial résulterait d'un directoire emmené par des Etats-Unis présidés par Donald Trump, une Chine soumise à l'autocrate communiste Xi Jinping et une Russie sous la coupe de Vladimir Poutine. Professeur d'études stratégiques au Centre for Policy Research de New Delhi, l'Indien Brahma Chellaney s'interroge dans Le Monde : pourquoi l'élargissement mondial de la démocratie s'est-il enrayé ? Il émet l'hypothèse que " le fait d'avoir utilisé les forces du marché pour libéraliser des systèmes étroitement centralisés a peut-être en réalité contribué à faire émerger le capitalisme autoritaire " comme l'expérimente Pékin. La formule magique établissant que le libéralisme économique mène à la démocratie aurait donc trouvé sa parade en Chine, mais aussi au Vietnam et au Laos. A lire la prose de Donald Trump (lire page 15), il n'est pas incongru de penser qu'une fois président, il mettrait en oeuvre une politique économique si pas autoritaire, en tout cas débarrassée des contraintes du développement durable, de la protection de la couche d'ozone, du respect des droits de l'homme et de l'égalité entre les Nations... Pas étonnant dans ce contexte d'entendre un Reed Brody, celui qui fut le " chasseur de dictateurs " de l'organisation Human Rights Watch, proclamer que le mouvement des droits humains connaît une période parmi les plus délicates de son histoire (lire page 8). Il ne resterait en effet plus guère alors que l'Europe pour abriter le combat pour des valeurs humanistes. Or, ce n'est pas précisément l'exemple qu'elle donne aujourd'hui, elle qui se délite, faute d'idéal, et regarde impassible ses anciens dirigeants rejoindre des banques d'affaires pour lesquelles la dimension sociale est aussi pertinente que le flair politique chez David Cameron. Gérald Papy" Le simple fait d'envisager que Donald Trump puisse devenir le 45e président des Etats-Unis situe le défi qui se pose à la démocratie représentative "