Les règlements urbanistiques ont beau être très stricts dans la province de Luxembourg, les propriétaires de cette maison d'Arlon ont refusé tout net de s'y plier. Pour eux, sur ce nouveau lotissement, il n'était pas question de construire du faux vieux. Place au contemporain. Pour se démarquer dans ce quartier sans grande personnalité, les architectes Jean-François Crahay et Guy Jamaigne ont rusé, histoire de répondre aux besoins des futurs habitants sans accumuler les dérogat...

Les règlements urbanistiques ont beau être très stricts dans la province de Luxembourg, les propriétaires de cette maison d'Arlon ont refusé tout net de s'y plier. Pour eux, sur ce nouveau lotissement, il n'était pas question de construire du faux vieux. Place au contemporain. Pour se démarquer dans ce quartier sans grande personnalité, les architectes Jean-François Crahay et Guy Jamaigne ont rusé, histoire de répondre aux besoins des futurs habitants sans accumuler les dérogations. A la base du concept : le terrain, très accidenté. Pour s'intégrer dans le paysage, la maison se décompose en trois volumes épousant la courbe du site. Autour de l'élément central, construit en blocs de terre cuite couverts de crépis, s'imbriquent deux blocs à toit plat bardé de cèdre non traité. Le premier s'implante à rue, le second au niveau du jardin, soit six mètres plus bas. A l'intérieur, les fonctions prennent place suivant la course du soleil, autour de l'escalier ajouré en aluminium, très léger. Les espaces de jour s'installent au rez-de-chaussée, tandis que toute une programmation spécifique prend possession du rez-de-jardin, un niveau plus bas. Au menu : salle de sport, sauna, home cinema. Les zones de nuit se situent à l'étage. Plutôt que d'ouvrir grands les espaces, chaque pièce possède sa propre fonction, histoire de favoriser la convivialité des lieux et de créer des échanges familiaux. Parallèlement, tout en " intimisant " et en personnalisant les pièces, l'accent est mis sur l'ouverture : les portes sont inexistantes pour favoriser les relations sonores et visuelles. Les zones de vie s'ouvrent donc les unes vers les autres, mais aussi vers le paysage en fonction de ce qu'il propose. Les architectes ont choisi de percer de grandes baies horizontales dans les façades pour asseoir la maison sur le terrain. Quelques fines fenêtres verticales offrent des perspectives tout en protégeant les habitants des regards indiscrets. Autre particularité du projet : les architectes l'ont dessiné avec son mobilier. Pour gagner en place et en simplicité, les meubles, composés de panneaux MDF peints ou laqués en blanc, sont intégrés. Quant aux éléments " libres ", ils ont été achetés par les clients sur conseil des architectes. En tout, les habitants profitent au final de plus de 300 mètres carrés. Avec un budget évidemment à l'avenant : 650 000 euros... hors terrain. Anne-Catherine De Bast