La crise que nous traversons a révélé de véritables héros/héroïnes, ces médecins et ces infirmiers/infirmières qui ont forcé l'admiration de toute la population et qui ont été, à juste titre, salués par les médias. A côté d'eux, se trouve, cependant, toute une catégorie de travailleurs de l'ombre, qui se dépensent sans compter, mettant e...

La crise que nous traversons a révélé de véritables héros/héroïnes, ces médecins et ces infirmiers/infirmières qui ont forcé l'admiration de toute la population et qui ont été, à juste titre, salués par les médias. A côté d'eux, se trouve, cependant, toute une catégorie de travailleurs de l'ombre, qui se dépensent sans compter, mettant en péril leur vie de famille et leur santé physique et mentale. Je songe notamment à ces scientifiques et médecins de Sciensano. Les journées de seize heures et les semaines sans repos dominical sont ignorées par le public et les médias. Ce service doit parfois pallier les déficiences d'autres organismes fédéraux ou régionaux, en toute modestie, et avec le nécessaire devoir de réserve ne permettant pas de dénoncer cette injustice. D'un autre côté, les médias ont contribué à starifier une catégorie d'experts scientifiques, certains issus du monde académique. Quelques-uns font preuve de modestie et n'hésitent pas à marquer les limites de leurs compétences. D'autres, par contre, sont plus volontiers assertifs et laissent transparaître un ego surdimensionné. Ils n'hésitent pas à entrer dans une logique de confrontation avec des " on aurait dû ", des " comment est-il possible que ", des " tous les spécialistes savent ". (...) J'attache beaucoup d'importance au rôle de la presse, que je considère comme un des piliers de la démocratie. Mais j'attends d'elle qu'elle nous livre des analyses qui sont le reflet d'une prise de recul. Je suis un peu triste de constater, me semble-t-il, que c'est peu le cas dans la façon dont est traité le thème du Covid-19. N'est-on pas parfois trop dans l'accumulation d'infos et dans la recherche du sensationnel ?