C'est un coup de gueule. Et Christiane Robert, la présidente de l'association SeniorFlex qui milite en faveur de seniors professionnellement actifs, compte bien encore donner de la voix : après tout, le gouvernement n'encourage-t-il pas la population à travailler le plus tard possible ? " Paradoxalement, ceux et celles qui souhaitent rester professionnellement actifs après 65 ans, tout en bénéficiant de leur pension, se heurtent à de multiples obstacles ", regrette-t-elle.
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C'est un coup de gueule. Et Christiane Robert, la présidente de l'association SeniorFlex qui milite en faveur de seniors professionnellement actifs, compte bien encore donner de la voix : après tout, le gouvernement n'encourage-t-il pas la population à travailler le plus tard possible ? " Paradoxalement, ceux et celles qui souhaitent rester professionnellement actifs après 65 ans, tout en bénéficiant de leur pension, se heurtent à de multiples obstacles ", regrette-t-elle. Christiane Robert : Rien n'est fait pour encourager les seniors à continuer à travailler en touchant leur pension. Les plafonds de revenus supplémentaires autorisés sont d'une complexité incroyable et ce n'est fiscalement pas intéressant. Tout est fait, de la sorte, pour favoriser le travail au noir des pensionnés. Actuellement, les seniors actifs peuvent gagner annuellement jusqu'à 17 000 euros net environ (pour les indépendants) et 21 500 euros brut (pour les salariés) en plus de leur pension. Si, toutefois, on dépasse de moins de 15 % ce seuil, le montant de la pension est diminué d'autant. Donc on ne gagne rien de plus en travaillant, sauf à alimenter la sécurité sociale. Si l'on dépasse ce seuil de plus de 15 %, la pension est totalement supprimée. Il existe 12 plafonds différents, en fonction de l'activité exercée, de la charge d'un enfant ou non, du type de pension, etc. A ma connaissance, tous les pays du monde autorisent le travail des pensionnés, et sans limites. Au Canada, il n'y a même plus d'âge légal pour la pension. Il redoute, si on les supprime, que quelque 20 000 personnes qui continuent à travailler après 65 ans, sans toucher leur pension, s'adressent aussitôt à l'Etat pour la lui réclamer. Oui, et avec fracas, pour provoquer un électrochoc dans l'opinion publique et lui faire prendre conscience de la nécessité de parler du travail des seniors. Dans la société actuelle, on est senior de plus en plus tôt, mais vieillard de plus en plus tard. Nous voulons que le gouvernement supprime tout ce qui constitue un découragement à la poursuite de l'emploi des seniors. Non. D'ailleurs, les pays dans lesquels le chômage des jeunes est le plus faible présentent aussi les taux de chômage des plus âgés les plus bas. Notre association plaide pour la mise en place d'un tutorat interactif entre ces deux générations. Il pourrait mettre en place un système de validation des acquis de l'expérience, parfois très éloignés de la formation initiale reçue. En Région wallonne, il en existe quelques-unes, dont celle des maçons et celle des conducteurs de bus. Nous demandons que cette certification autorise son titulaire à enseigner cette matière. L.V.R.