Par leur ampleur et leurs conséquences judiciaires, les perquisitions menées le lundi 8 mai en plusieurs localités de Wallonie mais aussi en Flandre à l'encontre de la société de transport routier Jost International sont de nature à marquer les esprits. Le débat a encore été vif entre les candidats de l...

Par leur ampleur et leurs conséquences judiciaires, les perquisitions menées le lundi 8 mai en plusieurs localités de Wallonie mais aussi en Flandre à l'encontre de la société de transport routier Jost International sont de nature à marquer les esprits. Le débat a encore été vif entre les candidats de la récente campagne présidentielle française sur l'application de la directive européenne sur les travailleurs détachés. Preuve que cette concurrence déloyale institutionnalisée pose question. L'entreprise Jost est mise en cause dans la cadre d'une enquête sur le recrutement et les conditions de travail et de rémunération de centaines de camionneurs d'Europe de l'Est. Les préventions sont lourdes : organisation criminelle, traite d'êtres humains, blanchiment en sus de soupçons sur de nombreuses infractions à la législation sociale, comme faux et usage de faux et non-paiement de cotisations à l'ONSS. Le manque à gagner pour la sécurité sociale belge a été estimé à quelque 35 millions d'euros pour la période entre 2014 et 2016. En milieu de semaine, plusieurs personnes ont été inculpées, dont le patron de l'entreprise, Roland Jost. Cette opération semble en tout cas démontrer que la directive européenne sur les travailleurs détachés n'est pas une fatalité et qu'une certaine régulation est possible, même sans attendre l'adoption d'amendements proposés par la commissaire européenne en charge de l'Emploi, Marianne Thyssen, une démarche qui se heurte à une forte résistance des dirigeants d'Europe centrale.