L'année 2014 s'annonce comme une année cruciale pour la N-VA. Le parti nationaliste flamand compte bien rééditer ses succès électoraux de 2010 (fédérales) et 2012 (communales) à l'occasion de la " Mère de toutes les élections " du 25 mai. A cet égard, 2013 fut pourtant une année de transition difficile pour les troupes de Bart De Wever avec la confrontation aux réalités du pouvoir dans la moitié des communes flamandes et la définition de la ligne confédérale pour la campagne électorale de 2014.
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L'année 2014 s'annonce comme une année cruciale pour la N-VA. Le parti nationaliste flamand compte bien rééditer ses succès électoraux de 2010 (fédérales) et 2012 (communales) à l'occasion de la " Mère de toutes les élections " du 25 mai. A cet égard, 2013 fut pourtant une année de transition difficile pour les troupes de Bart De Wever avec la confrontation aux réalités du pouvoir dans la moitié des communes flamandes et la définition de la ligne confédérale pour la campagne électorale de 2014. Le triomphe de la N-VA pourrait-il n'être, au regard de l'Histoire, qu'un feu de paille ? La progression du parti, stabilisé dans les sondages bien que malmené à plus d'une reprise cette année, risque-t-elle de ressembler à celle de la Volksunie dont il est issu ? Créé en 1954, l'ancêtre du parti nationaliste a accompagné l'évolution fédérale de la Belgique avant d'éclater en 2001, radicaux et modérés se déchirant sur les accords institutionnels du Lambermont. " La N-VA a quelques similitudes avec la Volksunie, reconnaît Carl Devos, politologue à l'université de Gand. Elle propose incontestablement le programme communautaire le plus marqué des partis démocratiques flamands, comme la VU en son temps, et elle se présente comme un parti anti- système, en rupture avec la politique politicienne et la complexité des compromis à la belge. " Mais la comparaison s'arrête là, prolonge-t-il. Car la N-VA " a retenu les leçons de la désintégration de la Volksunie ". " La VU était en permanence tiraillée entre des positionnements de gauche et de droite, ce qui a contribué à son éclatement sous la présidence de Bert Anciaux, explique Carl Devos. Sous l'impulsion de Bart De Wever, la N-VA a clairement opté pour une ligne de centre-droit. Elle a également une base programmatique plus large que la Volksunie : la N-VA attache une très grande importance aux enjeux socio-économiques et sociétaux. Enfin, elle se fixe des objectifs ambitieux voire radicaux, comme l'indépendance de la Flandre, la réduction drastique du poids de l'Etat et des taxes..., autant de points qui ne seront pas atteints rapidement contrairement à la fédéralisation voulue par la Volksunie. " Son objectif atteint, la VU n'avait plus raison d'être. La N-VA, elle, voit plus loin. 2013 a toutefois montré que le cap des élections ne sera pas aisé à franchir pour Bart De Wever et les siens, tiraillés qu'ils furent entre leurs exigences institutionnelles et socio-économiques. L'ancien journaliste et député Siegfried Bracke fut le premier à affirmer que la N-VA pourrait entrer après mai 2014 dans un gouvernement d'urgence socio-économique au fédéral sans garantie d'obtenir une réforme de l'Etat. " L'éventuel congrès de participation gouvernementale pourrait s'avérer délicat si le parti obtient un score important aux élections, au-delà des 30 ou 35 %, souligne Carl Devos. Car la N-VA a gardé de la VU son fonctionnement démocratique interne et une telle décision doit se prendre aux deux tiers des votants. Les plus radicaux sur le plan communautaire pourraient estimer qu'il s'agit du moment où jamais pour exiger une réforme confédérale. Paradoxalement, ce serait plus facile pour les dirigeants de la N-VA si elle réalisait un score moins élevé : ils pourraient alors convaincre leur base qu'ils doivent poursuivre leur politique des petits pas. " Liesbeth Homans, bras droit de Bart De Wever à Anvers et tête de liste en 2014 pour la Région flamande, ayant affirmé en 2013 que le racisme était " une notion relative ", la N-VA risque-t-elle par ailleurs une dérive populiste à la droite radicale sur le modèle du Parti pour la Liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas ? " La différence est très grande, réfute Carl Devos. La N-VA a un programme élaboré par son centre d'études, très équilibré même si sa communication prend parfois des accents populistes. Geert Wilders est ouvertement anti-Islam et anti-asile, ce n'est pas par hasard qu'il rejoint plutôt le Vlaams Belang au niveau européen. La N-VA ne joue pas dans la même cour. " OLIVIER MOUTONLe triomphe de la N-VA pourrait-il n'être, au regard de l'Histoire, qu'un feu de paille ?