Midis-Minimes, quatre syllabes qui font mouche, depuis trente-trois étés : des concerts de qualité, extrêmement bon marché (cinq euros), limités à trente-cinq minutes d'écoute, donnés du lundi au vendredi à 12 h 15 tapantes, dans une salle à l'acoustique épatante (quoique passablement déglinguée) du Conservatoire royal de musique de Bruxelles. Le succès de la formule ne s'est jamais démenti. A quoi tient-il ? Peut-être à l'ambiance détendue d'un public sympathique : des familles avec enfants (entrée gratuite jusque 13 ans : ils furent 600, en 2018) et des mélomanes habitués s'y ruent les yeux fermés, seuls ou entre amis, s'enquérant au guichet de l'affiche quotidienne, comme on demanderait, confiant, la composition du lunch dans son resto préféré. Ou alors, c'est la programmation : éclectique, elle traverse les époques, les cultures et les univers sonores les plus variés (de l'oued oriental au jazz, cette année), en passant évidemment par les chefs-d'oeuvre du répertoire classique. " Car c'est quand même avec Beethoven, Mozart et Bach que je fais salle comble ", confie Bernard Mouton, son bienheureux directeur artistique. A moins que les musiciens constituent l'argument de vente. Et en particulier ceux de la semaine thématique baptisée " Place aux jeunes ", toujours très courue : des filles et des garçons au tout début de leur carrière (mais déjà souvent bardés de prix), chaudement recommandés par le partenaire des Midis-Minimes, la section flamande du Conservatoire, ou par la Chapelle musicale Reine Elisabeth, qui s'y connaît en matière d'excellence. C'est d'ailleurs cette dernière qui a proposé, cette saison, d'enrôler le " bébé " de la troupe.
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