À l'entrée, chacun reçoit une feuille, un bic et une tablette en plastique servant de support. L'ensemble du matériel va être utilisé pour une dictée, annonce-t-on d'entrée de jeu. Ah bon ? Petite appréhension. Les deux professeurs, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, vont-ils ramasser les copies et mettre des points ? Le spectateur qui pensait passer une soirée divertissante autant qu'instructive doit-il s'attendre à être sanctionné ? Mais non - soulagement - pas de ramassage de feuilles, chacun fera sa propre correction. Ce sera au contraire au public de juger, grâce à un dispositif ingénieux. Les tablettes distribuées possèdent deux faces, une rouge - désapprobatrice - et une verte - approbatrice. Lorsque chaque spectateur brandit la tablette avec la face de son choix, l'image du public est captée par une caméra, projetée sur un écran géant et décryptée par un programme qui affiche en pourcentage la répartition des couleurs. Dans La Convivialité (1), on est invité à se prononcer sur la transformation de " maison " en " mézon ", de " charrette " en " charète " ou de " femme " en " fam ". Quelle est la limite de l'acceptable ? Jusqu'où peut-on démonter l'orthographe ? Renoncerons-nous à ces règles apprises dans la douleur ? Programmée au Théâtre national à la rentrée dernière, la représentation constitue l'exemple parfait du spectacle participatif intelligent, soulevant des questions sans s'imposer,...