D'une peinture qui prend les mathématiques pour modèle et se passionne pour la laque de carrosserie, on peut redouter la froideur, pour ne pas dire l'ultraplatitude. Nourries par ces maniaques obsessions...

D'une peinture qui prend les mathématiques pour modèle et se passionne pour la laque de carrosserie, on peut redouter la froideur, pour ne pas dire l'ultraplatitude. Nourries par ces maniaques obsessions, les oeuvres de Philippe Decelle (1948, Bruxelles) évitent pourtant cet écueil. Sceptique? Il est possible de prendre la mesure du chemin parcouru à la faveur d'une exposition aux contours rétrospectifs. Ceux-ci nous emmènent de 1966 à aujourd'hui sur les traces d'une tête chercheuse récompensée en 1971 par le prix de la Jeune peinture belge. Que voit-on? Un artiste gagné à la synthèse dont la pratique est en quête permanente de perfection formelle et chromatique. S'il fallait transposer l'approche en termes de littérature, on dirait que le vocabulaire pictural rigoureux de Decelle est à la peinture ce que le haïku est à l'épopée. Qu'est-ce à dire? Que ses tableaux laissent éclater l'harmonie sans jamais éprouver le besoin de s'en gargariser.