Monsieur Jan-Emmanuel De Neve, je viens de lire avec consternation votre proposition de taxe corona pour les vieux (NDLR : estimant que ce sont les jeunes qui souffrent de la crise, l'économiste avait émis l'idée controversée d'un impôt que ne paieraient que les personnes âgées). J'ai 67 ans et j'ai peu coûté à la société belge ...

Monsieur Jan-Emmanuel De Neve, je viens de lire avec consternation votre proposition de taxe corona pour les vieux (NDLR : estimant que ce sont les jeunes qui souffrent de la crise, l'économiste avait émis l'idée controversée d'un impôt que ne paieraient que les personnes âgées). J'ai 67 ans et j'ai peu coûté à la société belge : peu d'études, pas d'enfants, jamais chômé, presque jamais malade. Lorsque j'avais 20 ans, j'étais reconnaissant à la génération d'après- guerre qui avait trimé pour reconstruire le pays. Ma génération et la précédente ont oeuvré à doter la Belgique, dans les années 1950 à 1990, d'une infrastructure parmi les plus modernes et les plus efficaces du monde. J'ai payé des impôts avec joie pour vous permettre à vous, et à de nombreuses personnes de votre âge, d'étudier, d'obtenir des diplômes coûteux. Il vous faut tout et tout de suite. Depuis trente ans, vous et vos semblables, les économistes néolibéraux, vous efforcez de détricoter les acquis sociaux durement obtenus. L'école et l'hôpital souffrent particulièrement de vos fantasmes de (néo) libéral. Faire passer une partie du salaire brut, celle réservée aux impôts et aux charges sociales, dans vos poches, pourquoi ? Pour acheter, frénétiquement, les derniers smartphones, deux gros SUV par ménage, et des vacances sur les plages du bout du monde. Et vous osez réclamer pour les vieux une taxe corona ? A vous et vos semblables qui ne représentez qu'une infime partie de la jeunesse, c'est un impôt spécial de solidarité que je réclame pour le remboursement de l'investissement et des infrastructures dont vous avez hérité des générations qui vous ont précédé.