Ostende, Knokke-Heist, Nieuport : ce ne sont pas les plus infimes des stations balnéaires belges que nous avons choisies pour prendre le pouls de la côte belge et de son réservoir de secondes résidences. Moyenne ou petite ville, grosse commune, les stations visitées ces derniers jours ont toutes un point commun : une équipe dirigeante qui a de grosses ambitions, à défaut d'avoir de gros moyens.
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Ostende, Knokke-Heist, Nieuport : ce ne sont pas les plus infimes des stations balnéaires belges que nous avons choisies pour prendre le pouls de la côte belge et de son réservoir de secondes résidences. Moyenne ou petite ville, grosse commune, les stations visitées ces derniers jours ont toutes un point commun : une équipe dirigeante qui a de grosses ambitions, à défaut d'avoir de gros moyens. A Nieuport, le bourgmestre voudrait gonfler son port de plaisance au point d'en faire le plus imposant d'Europe. A Knokke-Heist, c'est un arsenal de projets plus grandiloquents les uns que les autres qui est à l'agenda de la majorité. A Ostende, la mutation de la ville, transfigurée ces dernières années, se poursuit tambour battant. Dans cette même ville, c'est l'idée " d'une seule ville de 60 kilomètres de large, reliée par un tramway performant ", qui commence à faire du chemin. De manière générale, il semble d'ailleurs que les gares fassent l'objet d'une attention toute particulière sur la côte. On sent où sont les enjeux futurs... Pourtant, comme le signale Jan Jassogne, qui dirige la section côte de la Confédération des immobiliers de Belgique (CIB), " on préfère de plus en plus les petits projets à la côte, parce que cela implique moins de difficultés sur le plan urbanistique ". D'après cet observateur plus qu'attentif des développements de la zone, seule l'érection d'une tour au casino de Knokke serait " une réalisation exceptionnelle dont on pourra parler dans un bouquin d'architecture ". Le reste ? Prenez le Storm's Harbour de Nieuport, et ses 150 appartements haut de gamme face au port de plaisance : " Un grand projet certes, mais qui ne va pas transfigurer le visage de la côte ( lire en page 115). Même chose pour la revitalisation du site de l'ancien hôpital militaire à Ostende : cela ne va pas donner une envergure nouvelle à la ville, contrairement à une éventuelle transformation des digues ou des rues. " C'est probablement vrai. Il n'en reste pas moins que ledit projet, à Ostende, est certainement l'un des développements les plus attendus du côté de la reine des plages. Justement. Avenue Docteur Moreau, au sortir de Bredene. Un énorme camp, qu'on dirait retranché, laisse entrevoir des grues en action. Ce matin-là, le vent soutenu, fait vivement flotter les drapeaux frappés du logo " Milho ", une référence à l'hôpital militaire. A l'intérieur, renseigne le responsable commercial du projet, Ryk Pype, les pavillons un, deux, trois et quatre, soit 24 maisons, ont déjà été livrés. La ville a obtenu du promoteur qu'il plafonne le prix de ces premières maisons à 250 000 euros, et qu'il les destine uniquement aux résidences principales. Les appartements viendront par la suite. Au-delà du projet immobilier en lui-même, qui porte en lui l'intérêt de conserver le vieux cachet historique des lieux pour le réhabiliter, c'est toute une porte de ville qui devrait se développer. Les logements de Milho ne sont, en effet, qu'une première étape destinée à combler le fossé, quasi le no man's land, entre le centre et la partie est de la ville. On parle ainsi, à quelques mètres du nouveau développement, face au fameux Fort Napoléon, d'un petit port de plaisance à la place du triste paysage offert actuellement par ces friches industrielles. " Plusieurs centaines de nouvelles habitations devraient voir le jour à cet endroit, histoire de poursuivre la jonction entre cette partie industrielle et la ville. L'hôpital militaire est le premier projet que nous avons pu mener à cet égard ", explique Filip Vanhaverbeke. Architecte et urbaniste, l'homme fut l'un des fers de lance du plan directeur mis en place à Ostende au milieu des années 1990. Il dirige aujourd'hui la régie communale pour la rénovation de la ville, en charge de la plupart des projets qui se profilent de ce côté-là. Ce schéma de structure donne, pour quinze ans, les lignes directrices de ce qui devra être mis en £uvre à Ostende. Certains projets sont déjà aboutis : c'est le cas du casino-kursaal, de la Sea Arena ou du triptyque formé par le " Feest & Kultuurpaleis " (devenu un centre commercial), l'ancien bâtiment de la poste (futur centre culturel) et le " Nieuw Helmond " (pâté de maisons malfamé repensé sous forme d'un seul bâtiment accueillant des magasins). " Trois projets dans un panier pour les développeurs Wilma et ING Real Estate. Il leur fallait une carotte pour nous aider à racheter ce qui est devenu le Nieuw Helmond ", raconte Filip Vanhaverbeke. Soit un bel exemple de partenariat public-privé (PPP) et surtout de donnant-donnant. Sous la houlette de l'échevin de l'Urbanisme, Bart Bronders, du bourgmestre Jean Vandecasteele et d'un certain Johan Vande Lanotte, dont on dit souvent qu'il tire les ficelles et remue ciel et terre dans les coulisses pour faire évoluer sa ville, Ostende a longtemps croulé sous les travaux. Dégorger le centre des voitures en provenance du ring fut l'un des objectifs majeurs du passé. Mais, dans le futur, c'est principalement le lifting intégral de la gare qui occupera les esprits ostendais. Un plan masse (masterplan) a été présenté fin 2008. La ville, en réalité, a rebondi sur la proposition de la SNCB de renouveler la gare pour convaincre tout son petit monde de repenser tout l'environnement du bâtiment. Nouvelle gare, nouveaux bâtiments administratifs pour la SNCB et De Lijn et enfin, à plus long terme, nouveaux logements en face du parc Maria Hendrika. Toujours dans la besace à projets, le parking du quai Churchill, sur le vieux site de l'Hoverspeed Ferry est l'un des pans les plus importants de l'axe maritime : il sera lui aussi transformé à terme en logements et en commerces (avec peut-être même un hôtel). Reste encore à la ville à acheter les terrains en partenariat avec la Région flamande (censée donner un coup de pouce pour améliorer la protection des lieux contre les tempêtes) et avec le privé. Guy Verstraeten (avec Philippe Coulée)