Pour traquer le mélanome, les premières armes sont les yeux, capables de détecter toute tache suspecte sur la peau. Une fois par an, les dermatologues européens, y compris une grande majorité de Belges, proposent de le faire gratuitement, sur rendez-vous, pour les personnes à risques (1).
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Pour traquer le mélanome, les premières armes sont les yeux, capables de détecter toute tache suspecte sur la peau. Une fois par an, les dermatologues européens, y compris une grande majorité de Belges, proposent de le faire gratuitement, sur rendez-vous, pour les personnes à risques (1).Les mélanomes (sans doute un millier de cas en Belgique) représentent 5 % des cancers de la peau. Particulièrement agressifs et de mauvais pronostic, ils atteignent un peu plus fréquemment la femme que l'homme, avec respectivement, pour localisation préférentielle, les jambes et le torse. Comparé à d'autre cancers, le mélanome se développe un peu plus tôt, c'est-à-dire vers 40 à 50 ans. Face à cette lésion maligne, la rapidité d'intervention est essentielle: un diagnostic précoce, suivi d'une excision à un stade peu avancé, constitue le traitement de choix de ces tumeurs. "Or, en général, les hommes consultent plus tardivement et à un stade plus avancé de la maladie, constate le Dr Véronique del Marmol, dermatologue. Cette année, le thème de cette journée alibi, dont le souci essentiel est, en fait, de rappeler les grands messages de prévention, s'adresse donc particulièrement aux messieurs." On sait que le bronzage et les effets néfastes des UV (y compris dans les bancs solaires) sont responsables de l'augmentation du nombre des cas de mélanome. "Mais travailler, jardiner, marcher au soleil ou y pratiquer un sport, sans aucune protection, est tout aussi nocif", souligne la dermatologue. Ce grand principe concerne aussi les enfants. De 50 à 80 % des dégâts occasionnés à la peau par le soleil ont lieu durant l'enfance et l'adolescence. Et des études ont démontré un lien entre les coups de soleil attrapés avant 16 ans et cette redoutable maladie. "Les enfants ne devraient jamais bronzer", assurent donc les spécialistes. Dernière précision: l'organisation de cette "journée du mélanome", rendue possible grâce au bénévolat des dermatologues et au soutien de sponsors, coûte 40 000 euros. Soit le prix à payer pour le traitement médicamenteux d'un seul patient atteint d'une forme grave de mélanome. La preuve qu'en matière de politique de prévention il n'y a pas que le grand public qui doit revoir sa copie.(1) L'Euromélanoma se déroulera le 13 mai. Renseignements: www.euromelanoma.org; liste des dermatologues participants à la Fédération contre le cancer: 0800 15 802 (appel gratuit).P.G.