La liesse et l'espérance soulevées par l'investiture de Barack Obama sont-elles à la mesure de la détresse du monde ? Confronté aux défis titanesques qui l'attendent, le 44e président des Etats-Unis devra au minimum compter sur une équipe d'une solidité à toute épreuve. On songe instantanément à Hillary Clinton, dont la gymnastique internationale ne disposera d'aucune phase d'échauffement face aux brûlures du Moyen-Orient. En dehors du redressement économique, qui constitue...

La liesse et l'espérance soulevées par l'investiture de Barack Obama sont-elles à la mesure de la détresse du monde ? Confronté aux défis titanesques qui l'attendent, le 44e président des Etats-Unis devra au minimum compter sur une équipe d'une solidité à toute épreuve. On songe instantanément à Hillary Clinton, dont la gymnastique internationale ne disposera d'aucune phase d'échauffement face aux brûlures du Moyen-Orient. En dehors du redressement économique, qui constitue le premier des impératifs présidentiels, c'est sur elle que repose une énorme part du sursaut américain. En acceptant de devenir la secrétaire d'Etat de son ancien rival démocrate, qu'elle n'a franchement pas ménagé durant la campagne électorale, Hillary Clinton était loin de considérer le Foggy Bottom (1) comme un lot de consolation. Le fait d'avoir tourné le dos à de plus hautes fonctions doit s'interpréter chez elle comme la volonté de s'investir pleinement dans la charge présente et d'y exercer une ambition aussi futée qu'affûtée, aussi vive que domestiquée. C'est en soi une promesse d'intelligence - d'autant plus qu'il lui sera impossible de se différencier de la stature quasi messianique de Barack Obama sans être aussitôt désavouée. Elle a d'abord obtenu satisfaction sur deux points essentiels : le libre accès au président aussi souvent qu'elle le voudra et une grande latitude pour constituer sa propre équipe (dans laquelle on compte deux profils clefs issus de l'administration Bill Clinton). Elle a ensuite pris soin, en méthodiste méthodique, de consulter tous ses prédécesseurs à ce poste, et contacté chaque membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat (dont Barack Obama et Joe Biden furent tous deux membres). L'ex-First Lady n'est certes pas la première femme à détenir ce portefeuille - Madeleine Albright et Condoleezza Rice l'ont précédée - mais il n'a jamais recouvert un enjeu aussi déterminant qu'aujourd'hui. En proposant d'emblée le nouveau principe stratégique de l'administration Obama, le smart power (la puissance intelligente), elle a montré sa capacité de conviction. Bravo pour le concept ! Il reste à le mettre en £uvre, ce qui passe nécessairement par l'implication personnelle de Barack Obama. (1) " Cuvette brumeuse " : nom d'un quartier de Washington qui est devenu, par ironie, le surnom du Département d'Etat (ministère des Affaires étrangères), qui s'y trouve installé.