Le Vif/L'Express : Un décret qui porte votre nom permet de sanctionner un bourgmestre pour " inconduite notoire ". Peut-il s'appliquer à Anne-Marie Lizin suite à ses dépenses " incompréhensibles " avec la carte Visa de l'hôpital de Huy ?

E Philippe Courard (PS), ministre des Affaires intérieures wallonnes : Je condamne ce qui s'est passé, mais je veux être prudent. J'ai très peur que la procédure disciplinaire ne puisse s'appliquer : Anne-Marie Lizin agissait en tant que présidente d'intercommunale, pas en tant que bourgmestre. S'il y a une faille juridique et qu'en fin de compte, le d...

E Philippe Courard (PS), ministre des Affaires intérieures wallonnes : Je condamne ce qui s'est passé, mais je veux être prudent. J'ai très peur que la procédure disciplinaire ne puisse s'appliquer : Anne-Marie Lizin agissait en tant que présidente d'intercommunale, pas en tant que bourgmestre. S'il y a une faille juridique et qu'en fin de compte, le décret ne s'applique pas, les gens ne comprendraient pas. D'où l'avis qui est demandé à un juriste. E Des dépenses inconsidérées. Ne faisant pas l'objet d'explications suffisamment claires et hors propos pour un hôpital comme celui de Huy. Elles vont de la suspension à la révocation. Mais, je le répète, l'affaire est délicate. Les dépenses en question ont été acceptées par le conseil d'administration de l'hôpital, les commissaires aux comptes, l'administration wallonne et la tutelle, que je ne vise pas - c'était une autre époque. E Si les limites de mon intervention ne sont pas bien précisées, on me sollicitera sans cesse pour sanctionner tel ou tel rival politique, et organiser son lynchage médiatique. E Si je le peux, je foncerai. D'autres que moi peuvent agir. La fédération socialiste de Huy-Waremme. Le PS et son comité d'audit. Les autres partis, à Huy. Je leur ai donné un outil - une motion de méfiance. Apparemment, ils ne l'utilisent pasàE J'espère qu'on me jugera sur mon bilan de cinq ans. La législature a été éprouvante. Depuis 2007, les cartes de crédit sont tout simplement interdites dans les communes et les intercommunales. On a râlé ; on m'en a voulu. Chaque année, nous contrôlons désormais plus de 5 000 marchés publics, alors qu'avant, on pratiquait au coup par coup. Je pense avoir été efficace et équitable : la même attitude avec des membres de mon parti - que j'apprécie ou non - et avec des adversaires politiques. Ce qui était acceptable il y a dix ans ne l'est plus.