Les rebondissements et révélations se succèdent dans le dossier Courtois, où il est question de non-respect de la loi sur les marchés publics et de conflit d'intérêts. L'affaire, qui déstabilise le gouvernement bruxellois, est désormais dans les mains de la justice. Le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire à l'encontre du sénateur, inquiété dans le cadre de la gestion de son ASBL Irisport, subsidiée par la Région. Le parquet s'intéresserait aussi aux activités d'une autre association dont Alain Courtois fut administrateur : l'ASBL Beltomundial, mise sur pied pour défendre la candidature belgo-néerlandaise à l'organisation de la Coupe du monde 2018.
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Les rebondissements et révélations se succèdent dans le dossier Courtois, où il est question de non-respect de la loi sur les marchés publics et de conflit d'intérêts. L'affaire, qui déstabilise le gouvernement bruxellois, est désormais dans les mains de la justice. Le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire à l'encontre du sénateur, inquiété dans le cadre de la gestion de son ASBL Irisport, subsidiée par la Région. Le parquet s'intéresserait aussi aux activités d'une autre association dont Alain Courtois fut administrateur : l'ASBL Beltomundial, mise sur pied pour défendre la candidature belgo-néerlandaise à l'organisation de la Coupe du monde 2018. Le scandale parasite depuis des semaines la campagne électorale de Courtois, tête de liste MR pour les communales à Bruxelles-Ville. A tel point qu'il s'est senti contraint de poser la question de confiance à ses colistiers, qui ont fait bloc à ses côtés, tandis que son parti insiste sur la présomption d'innocence. Le sénateur admet lui-même avoir commis ce qu'il appelle des " imprudences " dans le dossier Irisport, association créée voici cinq ans pour promouvoir la pratique du sport. Chaque année, l'ASBL organise une journée sportive dans le parc du Cinquantenaire (autrefois au Heysel). Les quelque 20 000 participants annuels, des familles avec enfants, s'essaient au basket, à l'escalade, au rugby, au tir à l'arc... Le subside de la Région bruxelloise permet à Irisport de couvrir les deux tiers de ses frais, le reste venant du sponsoring privé. L'association perçoit ainsi, depuis 2007, environ 200 000 euros d'argent public par an. Parmi les prestataires de cette " Fête du sport " figurent la société E2M, créée par Courtois, et l'agence de communication Lielens, elle-même actionnaire d'E2M. Lors de l'édition 2011, Lielens a ainsi facturé 25 000 euros pour la réalisation et la production de spots télé et radio, d'affiches, flyers... Dans le cadre d'un contrôle des subsides régionaux affectés à l'" image de Bruxelles " - budget cogéré par le ministre-président Charles Picqué (PS) et le ministre Open VLD Guy Vanhengel - la Cour des comptes a examiné les comptes d'Irisport pour 2007. Elle relève que l'agence Lielens et E2M ont capté à elles seules plus de la moitié du subside annuel : la première a facturé près de 70 000 euros à Irisport ; la seconde société, celle de Courtois, 44 000 euros. Plus surprenant : une facture montre que le sénateur s'est fait rémunérer des heures de travail (150 euros l'heure, soit 9 300 euros pour lui-même et 13 900 pour son attaché parlementaire) avec les fonds publics reçus par l'ASBL dont il était administrateur et président. L'Inspection des finances estime toutefois que le soupçon de conflit d'intérêts s'est éteint en février dernier, quand Alain Courtois et Jacques Lielens ont démissionné de leurs fonctions à la tête d'Irisport. " Sauf que les personnes qui les ont remplacés, Frédéric Roy, Hugues Moreau..., sont toutes liées de près aux sociétés E2M ou Lielens, signale le député régional FDF Emmanuel De Bock. De plus, E2M elle-même a toujours parmi ses actionnaires Courtois et Lielens. "Un rapport de l'administration régionale bruxelloise a par ailleurs confirmé que l'ASBL créée par Courtois avait violé la loi sur les marchés publics : Irisport aurait dû faire des appels d'offres. L'administration estime aussi que la Région a failli à sa mission de contrôle des activités de l'association. Gros embarras du ministre Vanhengel, qui a octroyé les subsides. Picqué, lui, indique qu'une analyse est en cours au sein de l'exécutif, qui " demandera éventuellement " le remboursement des paiements. Reste à voir comment l'ASBL subsidiée pourrait rembourser. OLIVIER ROGEAU" Qui est désormais aux commandes de l'ASBL Irisport ? "