La toute première conférence International Adventure Therapy s'est tenue en Australie dès 1997 et Adventure Therapy Europe aussi a déjà deux événements à son actif : en Espagne en 2017 et en Allemagne en 2019. Cette approche rencontre donc un intérêt croissant et peut " booster " les thérapies classiques chez les personnes vulnérables physiquement ou psychologiquement, en vivant une situation nouvelle ou en relevant un défi qui leur ouvrira de nouveaux horizons.

Dans notre pays, des thérapies par l'aventure sont organisées notamment par Outward Bound Belgium, une association qui organise depuis 1977 des programmes de formation et de coaching en extérieur. Son but est d'aider les participants à identifier leurs talents, motivations et blocages et à " grandir " en tant qu'individus ou en tant qu'équipe. Son credo : un esprit ouvert par une nouvelle expérience ne revient jamais à ses dimensions antérieures.

Concrètement, son offre comporte notamment des programmes destinés aux personnes qui souffrent ou ont souffert d'un cancer. En 2020, elle organisera par exemple sa 5e expédition sur le Monte Perdido et s'attachera à développer des activités spécialement destinées aux jeunes adultes. À la demande des asbl Saltare et ANBN (Anorexia Nervosa-Boulimia Nervosa) et en collaboration avec elles, Outward Bound Belgium propose également depuis 2010 des programmes de thérapie par l'aventure ou " cours de croissance " pour les personnes atteintes d'un trouble du comportement alimentaire ou qui ont un lien compliqué à la nourriture.

Faire remonter les problèmes sous-jacents

Les " cours de croissance " de l'asbl Saltare sont organisés au départ du site d'Outward Bound Belgium à Lustin, un petit village des bords de Meuse entre Namur et Dinant. Ils sont encadrés par l'une des diététiciennes de Saltare (Lieve Pensaert, Emmy Velghe ou Dorien Meeusen), par la psychologue Els Verheyen, présidente de l'asbl ANBN, et par Bert Vandenbussche, accompagnateur de processus chez Outward Bound Belgium. " Les candidats sont soumis à un screening physique et psychologique confidentiel préalable, précise Bert Vandenbussche. Il n'est toutefois pas nécessaire d'être un grand sportif : une condition physique de base - être capable de marcher 2 km - suffit. Nous prévoyons des repas sains à la mesure de chacun, mais nous ne parlons de nourriture, de poids ou de comportements alimentaires que si la personne en ressent le besoin. L'objectif de la formation est en effet surtout de participer à des défis et aventures qui pourraient faire remonter à la surface les problèmes sous-jacents à l'origine des troubles alimentaires. "

Identifier des schémas

Le programme comporte notamment des activités collaboratives comme le " Mohawk Walk " ou la " toile d'araignée " : les participants doivent affronter en groupe un parcours de cordes ou une grande toile d'araignée. " En les sortant de leur zone de confort, ces activités vont faire émerger des réactions spontanées, explique Bert Vandenbussche. Ce ressenti à fleur de peau peut initier des discussions ultérieures. Souvent, les participants vont prendre conscience que certaines réactions, certaines visions d'eux-mêmes et des autres, certains présupposés sur l'image qu'ils donnent sont tout à fait caractéristiques. En d'autres termes, ils vont découvrir des schémas de fonctionnement profondément enracinés et parfois limitants. Reconnaître et accepter ces modes de pensée, de réflexion et de fonctionnement aide aussi à s'en détacher et à aborder les choses autrement. "

Explorer ses limites

Pour pousser les participants à relever des défis, la formation prévoit également des activités : escalade, spéléologie, promenade dans un tunnel de chemin de fer, etc. " Chacun reste libre de choisir le niveau de difficulté et de décider jusqu'où il veut aller, rassure Bert Vandenbussche. La présence d'accompagnateurs et d'autres participants qui comprennent parfaitement ce que l'on vit aide à se sentir en sécurité et soutenu, ce qui permet d'explorer d'autres manières de ressentir, de réfléchir et d'agir. Lorsque le premier pas est franchi, il est plus facile de les appliquer dans sa vie quotidienne. Lorsque nous organisons par la suite des journées de retour, les participants nous disent souvent qu'ils comprennent différemment les conseils de leur diététicien ou thérapeute depuis qu'ils ont suivi ce cours. Non seulement parce qu'ils abordent leur trouble alimentaire d'une manière plus ouverte mais aussi parce que l'expérience a amélioré leur image d'eux-mêmes et leur capacité à s'accepter, à repousser et à définir leurs limites et à nouer des contacts. "

Plus d'informations sur internationaladventuretherapy.org, adventuretherapy.eu, www.outwardbound.be