Tous les pays d'Occident, la France en particulier, et bien d'autres Etats du monde sont au bord de révolutions brutales, dont les conséquences seront désastreuses pour des décennies ; ou très positives, si on sait les anticiper et régler intelligemment les contradictions qu'elles traduisent.
...

Tous les pays d'Occident, la France en particulier, et bien d'autres Etats du monde sont au bord de révolutions brutales, dont les conséquences seront désastreuses pour des décennies ; ou très positives, si on sait les anticiper et régler intelligemment les contradictions qu'elles traduisent. Une révolution politique se déclenche toujours quand un régime ne sait plus assurer à ceux qu'il prétend servir le bien-être auquel ils estiment avoir droit, et quand il ne fait plus assez peur pour se maintenir par la force. Alors les révoltes deviennent des révolutions. Celles-ci commencent par inspirer des espoirs fous, qui donnent souvent lieu à des dérives sanglantes, entraînant des contre-révolutions plus sanglantes encore ; jusqu'à ce que, des années ou des décennies plus tard, les ambitions de la révolution initiale soient retrouvées et ses idéaux servis, dans un contexte raisonnable et équilibré. Rares sont les peuples qui ont réussi à faire l'économie de la révolution et de la contre-révolution pour en arriver directement au régime le plus réaliste, conciliant le souhaitable et le possible. Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour que se déclenchent un jour prochain, dans plusieurs pays, des révolutions d'une extrême violence. En effet, les régimes en place semblent incapables de résoudre les difficultés et les frustrations, réelles ou ressenties, d'un grand nombre de citoyens : un travail absent, non rémunérateur ou aliénant ; des services publics délabrés ; des territoires ruraux oubliés ; une agriculture en plein désarroi ; un environnement dégradé ; une précarité croissante. Se sentant menacés, ces régimes se crispent et accordent de plus en plus de privilèges aux classes dominantes, rendant plus fous de colère ceux qui en sont exclus. Quand ces colères ne sont que celles des plus pauvres, soumis et faibles, rien ne se passe. Quand elles atteignent les classes moyennes, quand celles-ci en déduisent qu'elles n'ont plus rien à perdre, la révolution devient possible. On voit très bien la forme qu'elle pourra bientôt prendre, en France et dans d'autres pays d'Occident : les peuples ne se contenteront plus du dégagisme soft, qui a conduit à remplacer une classe politique discréditée par une autre, qui se prétendait nouvelle mais qui n'était, en fait, qu'un avatar de la précédente. Ils s'abandonneront à des chefs autoritaires (ou à de pseudo-stars populistes), sortis des rangs du peuple avec la promesse d'accorder à tous les privilèges anciennement réservés aux élites et de les protéger des menaces du monde. Mêlant ce qui s'est déjà annoncé en Italie, en Ukraine et en Hongrie. On peut être sceptique et refuser de penser que de telles révolutions sont possibles. Mon intuition est que tout se met en place pour qu'elles le deviennent. Très bientôt. Les révoltes, les colères, les manifestations actuelles en sont des signes précurseurs. Comme chaque fois, ceux parmi les puissants d'aujourd'hui qui échapperont aux foudres des nouveaux dirigeants émigreront, en attendant que ces révolutions échouent, ce qui ne manquera pas d'arriver, à plus ou moins long terme. La contre-révolution sera terrible, d'autant plus terrible que les privilégiés auront eu peur, ou qu'ils auront perdu des leurs et des biens. Même si on n'apprend jamais rien de l'histoire, on pourrait faire l'économie de ces désastres annoncés ; en organisant la nation comme elle le sera, quoi qu'il arrive, après les ravages de la révolution et de la contre-révolution : une nation beaucoup plus juste, plus empathique, ouverte au monde, capable de penser aux intérêts des générations suivantes. Pour y parvenir, il faudrait que les arrogantes élites d'aujourd'hui veuillent bien laisser une part importante du pouvoir à ceux qui en sont le plus privés.