Davantage de Flamands qui feront de vieux os, ce sont aussi davantage d'ennuis de santé et de pertes d'autonomie à prévoir. Et des besoins croissants d'assistance qu'il faudra financer. La Flandre se penche déjà au chevet de ses seniors. Dès 2001, elle a créé une assurance dépendance obligatoire, qui doit secourir des Flamands - ou des Bruxellois qui y souscrivent - face à leur perte d'autonomie. Le Zorgfonds (Fonds flamand d'assurances soins) promet d'être fortement sollicité à l'avenir. " Selon nos calculs, le taux d'utilisateurs devrait passer de 2,1 % en 2004 à 4,7 % d...

Davantage de Flamands qui feront de vieux os, ce sont aussi davantage d'ennuis de santé et de pertes d'autonomie à prévoir. Et des besoins croissants d'assistance qu'il faudra financer. La Flandre se penche déjà au chevet de ses seniors. Dès 2001, elle a créé une assurance dépendance obligatoire, qui doit secourir des Flamands - ou des Bruxellois qui y souscrivent - face à leur perte d'autonomie. Le Zorgfonds (Fonds flamand d'assurances soins) promet d'être fortement sollicité à l'avenir. " Selon nos calculs, le taux d'utilisateurs devrait passer de 2,1 % en 2004 à 4,7 % de la population en 2050. Mais c'est une sous-estimation ", détaille l'administration régionale flamande du planning et de la statistique, dans une étude remise au parlement flamand en 2005. La part croissante de personnes plus âgées (de plus de 75 ans) devrait sensiblement augmenter les dépenses de ce fonds. D'ici à 2014, celles-ci devraient croître de 89 millions d'euros, soit une croissance nominale de 41 %, ont calculé les experts du SERV. Les 241 millions d'euros consacrés, cette année, à financer cette aide non médicale devraient s'élever à 681 millions d'euros en 2050, soit 15 % des dépenses primaires totales du budget de la Flandre. Mais la prise en charge d'une population vieillissante, à la santé plus précaire, aura bien d'autres coûts pour la Flandre. Le secteur des soins à domicile, les hôpitaux et les maisons de repos vont devoir y faire face. " Ils devront se préparer à fournir des offres de soins élevées et à répondre aux exigences en personnel ", s'inquiète encore l'administration flamande. Les besoins supplémentaires en blouses blanches (infirmières, aides-soignantes, kinés, etc.) dans le nord du pays s'annoncent criants. Dans les vingt prochaines années, ils sont estimés à 43 %, tandis que le nombre d'infirmières qui seront nécessaires augmentera de 35 %. C'est un sacré défi à relever, alors que ces professions de la santé sont déjà frappées par une pénurie. Cela n'ira pas sans conséquences sur le plan des conditions salariales et de travail, qu'il faudra revaloriser pour rendre ces métiers plus attrayants. Les autorités flamandes font ainsi les yeux doux auprès des allochtones, des femmes en particulier, pour susciter des vocations d'infirmières et d'aides-soignantes. Le SERV s'est aussi hasardé à estimer ce que la Flandre devrait débourser pour ses services de soins familiaux, compte tenu du vieillissement de la population : de 2008 à 2014, le seul effet de l'indexation sur les salaires du personnel devrait gonfler la facture de 81 millions d'euros, tandis que l'évolution démographique aura un impact financier de 71 millions d'euros. Voici quelques mois, la FGTB et les mutualités socialistes s'impatientaient de voir le gouvernement flamand libérer davantage de moyens pour financer les soins à domicile à l'intention des plus âgés. Et tenir enfin ses promesses de 1998 d'augmenter le budget de 4 % chaque année, au lieu du modeste 1 à 2,5 % de hausse consentie jusqu'ici. P. Hx