Le temps des élections, on avait feint de l'oublier. Glissé discrètement sous le tapis, comme s'il n'existait plus. Presque un fantasme. D'autant plus que l'arrivée brutale de la crise lui avait, déjà, fait de l'ombre. Depuis plusieurs mois, le communautaire s'était comme évaporé. A peine un mot ici ou là, rien de bien sérieux. Et puis patatras, le voilà qui pointe à nouveau son nez, avec, en embuscade, quelques tontons flingueurs prêts à en découdre. Nul doute possible, la fin de la récréation est bel et bien sifflée.
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Le temps des élections, on avait feint de l'oublier. Glissé discrètement sous le tapis, comme s'il n'existait plus. Presque un fantasme. D'autant plus que l'arrivée brutale de la crise lui avait, déjà, fait de l'ombre. Depuis plusieurs mois, le communautaire s'était comme évaporé. A peine un mot ici ou là, rien de bien sérieux. Et puis patatras, le voilà qui pointe à nouveau son nez, avec, en embuscade, quelques tontons flingueurs prêts à en découdre. Nul doute possible, la fin de la récréation est bel et bien sifflée. Résumons. Officiellement, d'ici à 2015, l'Etat fédéral doit trouver pas moins de 20 milliards d'euros (certains spécialistes parlent de 35 milliards) d'économies mêlées à des recettes nouvelles. " Un suicide politique " pour Van Rompuy, prétend dans nos colonnes , cette semaine, l'économiste de la KULeuven Paul De Grauwe. Un effort gigantesque auquel doivent participer (à concurrence de 25 %) les entités fédérées, hélas tout aussi désargentées. Un casse-tête devenu chemin de croix pour tous... mais qui fait bien l'affaire de certains. Ainsi Bart De Wever, bien silencieux ces derniers temps sur le chapitre, mais qui a su mener en Flandre une campagne sans faute. Objectif : épuiser toutes les possibilités autorisées par la structure actuelle de l'Etat fédéral pour financer un maximum de besoins sociaux, le temps que Bruxellois et Wallons, étranglés par les dettes régionales, viennent à genoux demander des moyens supplémentaires. Les francophones soumis au bon plaisir des néerlandophones, tel est son credo. Le trublion laisserait relativement indifférent si, entre-temps, son parti n'était pas sur le point d'entrer dans la nouvelle coalition gouvernementale du nord du pays, aux côtés du CD&V et du SP.A, nettement plus accommodants sur le plan des revendications régionalistes que l'Open VLD, rejeté d'un revers de la main dans l'opposition. Dans le chassé-croisé à hauts risques qui s'engage désormais, il s'agira, pour les francophones, d'attacher leurs ceintures. Car l'esprit de De Wever ne bat pas la même campagne que celui de l'olivier ou du MR. Et voilà le gouvernement Van Rompuy bien mal engagé. Certes, le Premier ministre a choisi de regrouper les exercices budgétaires 2010 et 2011. Sage précaution. Mais un accord est loin d'être conclu entre les différentes parties. Et si les Flamands envisagent peut-être, et sous certaines conditions, de passer à la caisse, les francophones bloquent. C'est que même en raclant les fonds de tiroir ils en sont réduits à faire la manche. Et que dire de Bruxelles, largement sous- financée, qui affiche 21 % de chômeurs au sein de sa population active, 25 % d'assistés sociaux ? Sans parler de la dégringolade d'une grande partie de ses recettes liées aux marchés financier et immobilier. L'impasse ! Or le grand écart, ça finit toujours par faire mal. Premier visé : Van Rompuy, à couteaux tirés avec Kris Peeters, le ministre-président du gouvernement flamand, privé de Dehaene, le grand démineur des années 1990, et que l'on dit incapable d'imposer la moindre décision. Les coups de patte et les coups de sang de De Wever ? A prendre désormais très au sérieux. Surtout quand on sait que BHV va très vite se profiler à l'horizon. de Christine LaurentIl s' agira, pour les francophones, d'attacher leurs ceintures