Avec ses 23 000 habitants, la commune de Saint-Nicolas, où Michel Daerden avait trouvé refuge après ses déboires ansois, ne semble pas revêtir une importance stratégique primordiale. Ce qui va s'y jouer dans les prochaines semaines n'est pourtant pas anodin.
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Avec ses 23 000 habitants, la commune de Saint-Nicolas, où Michel Daerden avait trouvé refuge après ses déboires ansois, ne semble pas revêtir une importance stratégique primordiale. Ce qui va s'y jouer dans les prochaines semaines n'est pourtant pas anodin. La suprématie socialiste dans l'agglomération liégeoise constitue en effet un ensemble. Il n'est pas rare que les accords de majorité se négocient sous forme de " package ", à un échelon supérieur à celui des communes. Dès lors, quand l'une de ses forteresses vacille, c'est tout l'empire qui tremble - et avec lui la constellation des mandats clés dans les intercommunales. A deux mois des élections communales, le décès de Michel Daerden désorganisera-t-il gravement le PS de Saint-Nicolas ? Si c'était le cas, " cela pourrait être le début d'une brèche ", glisse un fin connaisseur de l'appareil socialiste liégeois. Initialement attribuée à Michel Daerden, la tête de liste devrait a priori revenir à l'actuel bourgmestre, Jacques Heleven. Mais à Saint-Nicolas, rien n'est simple. Depuis trois ans, la vie politique locale s'y apparente à une feuilleton de bien triste facture. Les déboires judiciaires du bourgmestre Patrick Avril (PS) se sont soldés, en novembre 2009, par sa condamnation à un an de prison pour détournement de biens publics. Auteur du deuxième meilleur score de la liste PS, l'ex-échevin Abdelkarim Benmouna s'est lui aussi retrouvé hors jeu, exclu du collège en raison de brouilles récurrentes avec ses collègues. Le troisième homme fort du PS local, Birol Cokgezen, qui n'est autre que l'ancien chauffeur de Michel Daerden, a ceint brièvement l'écharpe maïorale... avant d'être démis deux semaines plus tard par une motion de défiance. Depuis juin 2011, Jacques Heleven occupe le fauteuil de bourgmestre. Dans un premier temps, le parachutage de Michel Daerden a crispé les baronets du cru, guère enchantés de devoir composer avec une superstar, qui promettait de réaliser un score monstre aux élections communales. Avec autorité et diplomatie, l'ancien ministre a toutefois su calmer le jeu, attribuant la troisième place à Jacques Heleven, offrant à Birol Cokgezen une place sur la liste provinciale, et promouvant Abdelkarim Benmouna au rang de directeur de campagne. Pour oxygéner le débat, Michel Daerden envisageait aussi d'ouvrir la majorité absolue à un parti de l'opposition. " On a vu son arrivée comme un bel espoir, un facteur susceptible de ramener un peu de sérénité dans la commune, confie Isabelle Freson, chef de file MR. Même si Michel Daerden n'occupait pas encore de fonction officielle, on sentait déjà son influence. C'est quelqu'un qui privilégiait le dialogue, y compris quand on était en désaccord avec lui. Cela laissait présager un nouveau souffle, bénéfique pour Saint-Nicolas. Maintenant qu'il est parti, j'espère qu'on ne va pas revivre ce qu'on a vécu depuis trois ans. "Du côté socialiste, on minimise les risques d'une nouvelle guerre de clans. " Il y a une très grande unité au sein de notre groupe, assure l'échevin Jean-Marc Wilmotte. D'ailleurs, la plus solide majorité absolue que détient le PS en région liégeoise, elle ne se trouve ni à Seraing, ni à Herstal, ni à Ans, mais bien à Saint-Nicolas. C'est ici que les socialistes réalisent leurs meilleurs scores. Si les résultats sont là, si les électeurs maintiennent leur confiance, ça témoigne d'une bonne gestion depuis de nombreuses années. "FRANÇOIS BRABANT" On a vu son arrivée comme un bel espoir "