L'histoire n'explique pas tout, mais elle éclaire beaucoup. En revenant sur le parcours de la Sabena depuis sa création, en 1923, Guy Vanthemsche, professeur d'histoire contemporaire à la VUB, dégage quelques vérités qui permettent d'examiner les déboires de la compagnie aérienne sous un autre jour, même si, faute de recul, l'alliance avec Swissair (1995-2001) n'est qu'effleurée dans cet ouvrage (1).
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L'histoire n'explique pas tout, mais elle éclaire beaucoup. En revenant sur le parcours de la Sabena depuis sa création, en 1923, Guy Vanthemsche, professeur d'histoire contemporaire à la VUB, dégage quelques vérités qui permettent d'examiner les déboires de la compagnie aérienne sous un autre jour, même si, faute de recul, l'alliance avec Swissair (1995-2001) n'est qu'effleurée dans cet ouvrage (1).1. La Sabena est née à l'initiative de groupes privés, qui ont invité les pouvoirs publics (l'Etat et le Congo belge) à participer à l'aventure. Ce n'est que dans les années 60, et sans l'avoir voulu, que l'Etat se retrouve actionnaire majoritaire, après la sortie des investisseurs privés et l'indépendance du Congo. 2. Actionnaire majoritaire, l'Etat n'en estime pas moins, durant plus d'un demi-siècle, que les gestionnaires issus du secteur privé sont les mieux placés pour assurer la direction de la compagnie. Un premier cas de gestion opérée en faveur du privé et au détriment de la Sabena survient en... 1934 ! Dès les années 30, pourtant, les administrateurs publics de la Sabena optent pour une attitude de réserve, toujours de mise à l'époque Swissair. 3. Braquée durant des décennies sur le Congo et l'Afrique centrale, dont les lignes étaient rentables, la Sabena a longtemps négligé d'investir dans d'autres destinations, à l'exception de l'Europe. Le retard accumulé dans le développement de son réseau international handicapera sérieusement la compagnie quand elle cherchera, souvent en vain, à conclure une alliance avec un autre transporteur. 4. Financièrement, la Sabena est née sous-capitalisée, selon le voeu de ses créateurs, qui ne souhaitaient pas immobiliser trop de capitaux. L'acte de naissance de la compagnie stipule, par ailleurs, que l'achat du matériel volant s'effectuera au moyen d'emprunts garantis par l'Etat. Statutairement, l'Etat est condamné à combler les pertes générées par la compagnie, ce qu'il fera longtemps, avant de se décider à recapitaliser (insuffisamment) l'entreprise. Dans son histoire, la Sabena enregistrera, au total, 17 exercices bénéficiaires. La Sabena 1923-2001. Des origines au crash, par Guy Vanthemsche, Collection Pol-His, Editions De Boeck. L.v.R.