Chacun d'entre nous trouve normal d'apprendre à marcher, lire, écrire, suivre une formation professionnelle. Nous veillons à avoir une activité physique régulière pour rester en forme. Il en va de même pour notre esprit. Il ne peut se transformer sans effort. Or c'est toujours par lui que nous faisons l'expérience du monde. Il la traduit sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie. Et ce changement résulte d'un entraînement de l'esprit appelé méditation.
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Chacun d'entre nous trouve normal d'apprendre à marcher, lire, écrire, suivre une formation professionnelle. Nous veillons à avoir une activité physique régulière pour rester en forme. Il en va de même pour notre esprit. Il ne peut se transformer sans effort. Or c'est toujours par lui que nous faisons l'expérience du monde. Il la traduit sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie. Et ce changement résulte d'un entraînement de l'esprit appelé méditation. Evidemment, tout entraînement implique des efforts, et tout changement rencontre naturellement des résistances. Dans le cas de l'entraînement de l'esprit à la méditation, différents obstacles peuvent ralentir notre progression. La distraction, parasite commun de la méditation. Normal puisque nous entreprenons cette pratique avec un esprit indiscipliné et chaotique. Nous ne pouvons espérer qu'il se calme sur-le- champ. Solution de Matthieu Ricard : cultiver la vigilance et, chaque fois que l'on s'aperçoit que notre esprit a vagabondé, le ramener inlassablement sur l'objet de la méditation. Lorsque nous nous apercevons que nous avons été distraits, c'est le signe que la pleine conscience est de retour. La torpeur. Elle peut aller de la lourdeur d'esprit au sommeil, en passant par la léthargie, l'ennui, la rêverie éveillée, ou tout autre état mental vague et nébuleux. Solution de Matthieu Ricard : adopter une posture plus droite et tonique, regarder vers le haut, dans l'espace devant soi et porter moins de vêtements. L' agitation. Cette forme de distraction hyperactive produit en chaîne des pensées entretenues par les automatismes et l'imagination. Nous sommes assis tranquillement, mais notre esprit fait le tour du monde. Solution de Matthieu Ricard : relâcher notre posture physique, baisser le regard et reprendre ses esprits en se rappelant pourquoi on est là. Le manque de persévérance. Il diminue considérablement les effets de la méditation, et donc affaiblit son pouvoir de nous transformer. Solution de Matthieu Ricard : réfléchir à la valeur du temps qui passe et aux bienfaits de l'entraînement. L' effort excessif. Ce travers peut résulter de l'impatience ou de l'exaltation. Si, pour gravir une montagne, on commence par courir, on va vite déchanter... et devoir s'arrêter ! Il ne sert à rien d'aller vite. Solution de Matthieu Ricard : la constance, mère de la méditation. La plupart d'entre nous considèrent la douleur comme une menace pour notre bien-être physique. " Or, si nous la laissons nous préoccuper, elle ne fait que s'intensifier, dit le maître tibétain Yongey Mingyour Rinpotché. En revanche, si nous la prenons comme objet de méditation, elle devient un moyen d'accroître la clarté de notre esprit. " Mais comment faire ? " Visualisons un nectar bienfaisant lumineux qui imprègne l'endroit où la douleur est la plus pénible, la dissout peu à peu et finit par la transformer en une sensation de bien-être, conseille Matthieu Ricard. Puis le nectar emplit le corps tout entier et la sensation douloureuse s'estompe. Ou bien, contemplons simplement la douleur. Même si sa présence est lancinante, demandons-nous quelles sont sa couleur, sa forme ou toute autre caractéristique immuable. On s'aperçoit que ses contours s'estompent à mesure qu'on tente de la cerner. En fin de compte, on reconnaît qu'il y a là, derrière la douleur, une présence consciente, celle-là même qui se trouve à la source de toute sensation et de toute pensée. Détendons notre esprit et essayons de laisser la douleur reposer dans la pleine conscience. " Pas facile, certes, mais l'expérience montre que c'est réalisable. " Nous avons connu nombre de méditants ayant eu recours à cette méthode lors de maladies terminales particulièrement douloureuses. Ils semblaient remar-quablement sereins et relativement peu affectés par la douleur ", conclut-il. L'Art de la méditation, de Matthieu Ricard, Pocket Evolution.J. R.