Les projets de rupture constituent une alternative aux placements des jeunes en IPPJ ou dans des centres d'accueil. Depuis deux ans, il existe quatre projets pilotes financés par la Communauté française, qui devraient être reconduits en février prochain. Les asbl Amarrage, Pommeraie, Beauplateau et Vent Debout organisent des séjours d'immersion de trois mois au Bénin, au Burkina Faso et au Maroc. Objectif : éloigner les jeunes de leur quotidien pour leur permettre de ...

Les projets de rupture constituent une alternative aux placements des jeunes en IPPJ ou dans des centres d'accueil. Depuis deux ans, il existe quatre projets pilotes financés par la Communauté française, qui devraient être reconduits en février prochain. Les asbl Amarrage, Pommeraie, Beauplateau et Vent Debout organisent des séjours d'immersion de trois mois au Bénin, au Burkina Faso et au Maroc. Objectif : éloigner les jeunes de leur quotidien pour leur permettre de s'interroger sur leur avenir, leur relation avec leurs parents, leurs amis, avec l'autorité aussi. Près de 120 jeunes de 15 à 18 ans ont déjà participé à l'aventure. Quasi 100 % ont été jusqu'au bout. Au Bénin et au Burkina, les séjours sont individuels et encadrés par des éducateurs locaux et du personnel de l'aide à la jeunesse. Dans les villages, les familles d'accueil reçoivent un petit dédommagement, mais ce n'est pas ce qui les motive. Chaque jeune vit dans les mêmes conditions que les villageois, sauf pour l'eau qu'il reçoit en bouteille, les médicaments anti-malaria qu'il doit prendre quotidiennement et les produits anti-moustiques qu'il peut utiliser. " En cas de problèmes de santé, nous travaillons avec des hôpitaux privés et des médecins belges ou français ", explique Jean-Noël, le représentant belge au Bénin de la Pommeraie. Il n'y a eu, jusqu'ici, que trois hospitalisations : deux pour une crise de malaria, une autre pour salmonellose d'un jeune qui avait bu l'eau d'un puits par provocation... Quant aux résultats, les asbl concernées ne peuvent donner de chiffres sur la récidive ou la rechute des jeunes : l'expérience en est toujours à la phase pilote et le suivi après le séjour est trop court. Elles observent néanmoins qu'en participant aux activités du village (travail aux champs, menuiserie, école de devoirs, etc.), les jeunes retrouvent un biorythme et un esprit d'initiative. Ils apprennent à se prendre en charge et à mieux communiquer. L'absence de télé, de PC et de GSM y contribue grandement ! Autre bénéfice : très souvent, les liens familiaux se renforcent. Sur le long terme, la consommation de cannabis diminue. Début octobre, Pierre, 18 ans, a ouvert une ONG, à Comé, pour aider les jeunes Béninois sur le plan sportif et culturel. En 2008, il était l'un des premiers participants à un séjour de rupture de l'ASBL Amarrage au Bénin.TH.D.