C'est une première : la présidente de la Fédération nationale des Unions de classes moyennes (FNUCM) a payé de sa poche les cotisations que n'avaient pas acquittées certains membres du conseil d'administration de l'UCM Bruxelles. Un courrier de Marie-Anne Belfroid, la présidente, daté du 24 mai dernier, en a informé le président de l'entité bruxelloise de la Fédération (voir document ci-joint).
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C'est une première : la présidente de la Fédération nationale des Unions de classes moyennes (FNUCM) a payé de sa poche les cotisations que n'avaient pas acquittées certains membres du conseil d'administration de l'UCM Bruxelles. Un courrier de Marie-Anne Belfroid, la présidente, daté du 24 mai dernier, en a informé le président de l'entité bruxelloise de la Fédération (voir document ci-joint)." Voilà ce que c'est de vouloir laver plus blanc que blanc, lance Marie-Anne Belfroid, interrogée sur les raisons de cette initiative peu commune. Je tenais à ce que cette maison soit gérée dans le respect de la démocratie et je voulais éviter que des membres du conseil soient empêchés de voter en raison d'un défaut de paiement de cotisation. " La présidente, dont le mandat s'arrête à la fin de ce mois de juin, a précisé qu'elle avait payé ces cotisations avec ses propres deniers " quitte à les récupérer auprès des gens auxquels j'ai avancé cette somme ". Les statuts de la Fédération prévoient pourtant, en leur article 10, que " les associations membres conservent leur entière autonomie et leur totale indépendance en ce qui concerne leur propre organisation, leur méthode d'action particulière et leur gestion financière ". Mais " les statuts passent après les lois, s'emporte Marie-Anne Belfroid : la démocratie doit être la même pour tout le monde. " D'ailleurs, précise-t-elle, personne ne lui a reproché d'avoir pris cette généreuse initiative. Ouvertement, du moins. Car en coulisses, ils sont quelques-uns à s'interroger sur les raisons pour lesquelles la présidente sortante est intervenue dans une province. " Pourquoi et avec quel argent ? " se demande le responsable d'une UCM provinciale, désireux de garder l'anonymat. " Les statuts garantissant notre autonomie ont clairement été piétinés ", embraie un autre. Le contexte, il est vrai, est loin d'être anodin. Car la FNUCM est dans la dernière ligne droite avant l'élection d'un nouveau président. Pour succéder à Marie-Anne Belfroid, deux candidats se sont fait connaître : Philippe Godfroid, qui dirige actuellement l'UCM Hainaut, et François Remy, issu de l'UCM Brabant wallon. " Il n'est pas exclu que d'autres personnalités se présentent, indique Thierry Evens, porte-parole de la Fédération nationale puisqu'il n'y a pas de date limite pour le dépôt des candidatures. " C'est en tous cas la première fois en quarante ans que la lutte se joue entre plusieurs postulants. Pendant trente-six ans, c'est le Liégeois René Menée qui a occupé la présidence et, lors de l'élection de Marie-Anne Belfroid, aucun rival ne lui faisait face. L'élection présidentielle aura lieu le 27 juin prochain. Après la tenue d'une assemblée générale, c'est le conseil d'administration qui choisira le nouvel élu. Les Hennuyers et les Namurois ne font pas mystère de leur envie de voir leur fédération présidée par Philippe Godfroid. Mais leurs administrateurs ne représentent, ensemble, que 11 voix sur 24. Il leur faut donc, pour l'emporter, convaincre une autre UCM de soutenir leur candidat. Le Brabant wallon (2 voix) et Liège (6 voix) comptent plutôt appuyer François Remy. Reste le Luxembourg (2 voix) et Bruxelles (2 voix). La Flandre dispose, elle, d'une seule voix. A Bruxelles, dont les voix pourraient donc être déterminantes dans l'élection présidentielle, un conseil d'administration, convoqué pour le 7 juin dernier, a débouché sur l'éviction de son poste du président bruxellois, Jean-Luc Reginster. Ce dernier devait de toute manière terminer son mandat à la fin du mois de juin. Pourquoi fallait-il donc l'évincer avec quelques semaines d'avance ? " Nous n'étions pas sûrs qu'il ne se représenterait pas malgré tout ", indique Francine Werth, secrétaire patronale de l'UCM Bruxelles. La question n'a semble-t-il pas été posée clairement au principal intéressé, ce qui aurait permis de lever toute ambiguïté. C'est Nadine Salmembier, une alerte octogénaire présidente de la Fédération des esthéticiennes, qui lui succède. " Notre souhait était de rajeunir les instances, dit-on à Bruxelles... Ou plus exactement, de les dynamiser. "Dans la foulée, la composition du conseil d'administration bruxellois pourrait être revue et deux administrateurs seront choisis pour représenter la capitale au sein du conseil d'administration de la Fédération nationale. Les Bruxellois soutiendront-ils Philippe Godfroid ? " Nous n'en avons pas encore parlé, assure Francine Werth, tout occupés que nous étions par nos problèmes internes. "C'est dans ce contexte particulier qu'est tombée l'étonnante initiative de Marie-Anne Belfroid, désireuse de régler elle-même les cotisation dues dans la capitale. Faut-il y voir malice ? L'ambiance au sein de l'UCM est en tous cas à l'image de ce printemps pourri, qui n'en finit pas de ressembler à l'automne... LAURENCE VAN RUYMBEKE