Il en va des familles politiques comme des familles tout court : si elles ne se retrouvent pas, à l'abri du train-train quotidien et du stress que celui-ci véhicule, elles se délitent ou elles se déchirent. Ainsi, fin août, début septembre, tous les partis organisent désormais leurs rituelles " universités d'été ". Même si plus personne ne les appelle comme ça, elles permettent de resserrer les liens et de prendre un dernier bol d'air, avant de replonger tête baissée pour dix mois de course effrénée. Cette année, les périls guettent d'autant plus que 2014 sera électorale. Récit.
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Il en va des familles politiques comme des familles tout court : si elles ne se retrouvent pas, à l'abri du train-train quotidien et du stress que celui-ci véhicule, elles se délitent ou elles se déchirent. Ainsi, fin août, début septembre, tous les partis organisent désormais leurs rituelles " universités d'été ". Même si plus personne ne les appelle comme ça, elles permettent de resserrer les liens et de prendre un dernier bol d'air, avant de replonger tête baissée pour dix mois de course effrénée. Cette année, les périls guettent d'autant plus que 2014 sera électorale. Récit. C'est un ensemble de bungalows, de dortoirs et de salles de réunion, bâti par les Mutualités chrétiennes il y a cinquante ans, aux riches heures du " tourisme social ". Autour, un paysage de prairies et de forêts, qui dodeline à perte de vue. Une seule route, y mène, depuis les rives de la Meuse et le village de Heer, au sud de la province de Namur. La frontière se trouve à 300 mètres. Au-delà, c'est la France. Seul signe d'une présence humaine à l'horizon : les épaisses volutes blanches qui montent vers le ciel, qu'on aperçoit quand on se tourne vers le sud. Ironie de la géographie, Ecolo a établi ses quartiers d'été à un jet de pierre de la centrale nucléaire de Chooz, encastrée dans un recoin d'Hexagone. Comme un doigt d'honneur à l'atome, les verts ont installé sur la place du domaine de Massembre une étrange sculpture : une autruche verdâtre, irradiée pour tout dire, la tête enfuie dans un baril de pétrole jaune et noir, flanqué du trèfle radioactif, symbole de l'énergie nucléaire honnie. Pour le reste, l'ambiance évolue à mi-chemin entre camp scout et festival rock. Ce samedi midi, à l'heure où les co-présidents d'Ecolo, Emily Hoyos et Olivier Deleuze, s'apprêtent à prononcer leur discours de rentrée, plusieurs militants et militantes en sont toujours à émerger péniblement. Les yeux mi-clos, les traits tirés, on les voit avaler une soupe roborative. La nuit, pour certains, fut folle. " On a fermé le bar vers 5 heures du matin ", commente Céline, souriante agronome de 24 ans, membre de la Green Team, l'équipe de bénévoles qui assure la logistique des Rencontres écologiques d'été. Le coup classique : des problèmes de sono parasitent le début du discours co-présidentiel. Pour contrer l'adversité, Olivier Deleuze s'adresse aux 150 sympathisants rassemblés devant lui, en plein air, avec deux micros dans sa seule main droite. " Quelle belle paire ! ", lance le député wallon Xavier Desgain, humoriste raffiné, en bermuda et chemise rose. Deleuze chauffe l'assemblée. " Vous savez, on les a gagnées, les élections communales ! " Des " ouaaaaais " fusent du public. Pour le reste, il est question de la Syrie, de " la transition harmonieuse entre deux rois ". Emily Hoyos enchaîne sur " la jeunesse, notre unique ressource ". Et prévient : " Nous ne laisserons pas revivre ce que l'enseignement a vécu dans les années 1990. " Aussitôt son discours terminé, elle s'enquiert auprès de son porte-parole : " Alors, ça a été ? On entendait bien ? Ouf, c'est la baisse d'adrénaline, là... " Le parti offre l'apéro, de la Fleur de Franchimont, un vin (liégeois) de pommes et de fleurs sauvages. Puis, chacun s'en va choisir son pique-nique, entre les différents stands tenus par des sections locales d'Ecolo. Gesves vend du poulet au curry 100 % bio, tandis que Burdinne propose de gargantuesques tartines au pâté. Sur toutes les lèvres, le duel que se livrent Isabelle Durant et Philippe Lamberts, tous deux candidats à la tête de liste aux prochaines élections européennes. Un " poll " les départagera au mois d'octobre. Philippe Lamberts, justement, anime l'après-midi un atelier, " Démonter les clichés sur la crise ". L'occasion pour lui de séduire les militants, ceux-là mêmes qui décideront de son sort d'ici quelques semaines ? L'eurodéputé ne s'en cache pas vraiment. " En trois heures, les gens ont une idée raisonnable de qui vous êtes et de ce que vous défendez. On peut évidemment être très bon acteur, mais c'est difficile de jouer la comédie pendant toute une après-midi. C'est normal qu'il y ait une campagne interne... Les militants trancheront. " Spécificité des Rencontres écologiques d'été, elles s'étalent sur cinq jours, du mercredi au dimanche. Le programme compile plus de 60 ateliers, de " Boîte à idées pour la création d'entreprises 2. Vert "à " Résurgence de la figure du zombie comme métaphore d'une société post-individualiste ", en passant par " Mesurer sa popularité sur les réseaux sociaux ". A en croire Christophe Derenne, le grand manitou aux manettes de l'organisation, Ecolo doit aux " REE " sa survie. Ni plus, ni moins. " L'un des secrets de la longévité d'Ecolo, de sa capacité de résilience après les défaites, se trouve ici. Chaque année, le collectif se nourrit pendant trois ou quatre jours. Les liens d'amitié se tissent et se retissent. Cela permet de surmonter les rivalités et les paranos politiques. Le soir, quand les gens font la fête, il se passe plein de trucs. Je suis sûr de ça : si on n'avait pas ce dispositif-là, en 2004, on explosait en mille morceaux. " L'après-midi s'achève par un match de foot, écolos wallons contre écolos bruxellois, arbitré par Olivier Deleuze. Il est 9 h 30. Plus de 1 500 centristes-humanistes (selon les manifestants...) déferlent vers Pairi Daiza, ce lieu symbolique d'une success-story wallonne. Pour cette rentrée politique en famille, les forces en présence ont opté pour un look décontracté. Chemise ouverte au col, pas de cravate. Les pontes du parti devisent de la dernière sortie médiatique du député N-VA Siegfried Bracke. La réforme de l'État, ne serait, paraît-il, plus la priorité du parti nationaliste. " La Belgique va mieux, on va enfin pouvoir passer à autre chose ", s'enthousiasment Benoît Lutgen et Cie. " Le communautaire, ça n'énerve plus que Maingain ", glisse Joëlle Milquet avant de filer à un mariage. Cette brise d'insouciance passagère sert de rampe de lancement dès qu'il s'agit d'aborder les grands axes du programme humaniste. La jeunesse et l'éducation seront les piliers de la campagne. Benoît Lutgen tient à le montrer aux caméras de télévision. Dès son arrivée, le président s'empresse de venir caresser quelques jeunes têtes blondes dans le chapiteau des enfants, avec l'intérêt que porte le bon père de famille face à des dessins quelconques. L'emploi et le cadre de vie de demain constituent les deux autres priorités du CDH. Pour décliner les thématiques, le parti choisit la formule des ateliers participatifs, confiant les rênes à des " énergiseurs de créativité " (comprenez : des coaches). " Je vais vous demander de vous déconnecter de la réalité actuelle ", lance l'un d'eux en déambulant sans arrêt à travers l'assemblée. Objectif : proposer des idées dignes d'un humaniste inspiré atterrissant en 2025, point de mire des mesures-phare du programme. " On va faire un concours de "pourquoi pas'' : celui ou celle qui formule le plus de propositions, même farfelues, aura gagné ! " Car cette matinée de rentrée est surtout le point d'ancrage d'un copieux pâté de campagne baptisé IdéesH. Jusque fin décembre, le parti compte récolter des milliers de propositions, à l'occasion de réunions planifiées dans chaque commune ou arrondissement. Une fois filtré, ce bouillon d'idées débouchera sur un programme concret à dévoiler en mars 2014. Devant l'exultation d'une marée orange acquise à sa cause, le discours du président de parti en révèle déjà quelques tendances, même si le ton vire aussi à la confrontation. Sans lire une seule fois ses notes, Benoît Lutgen se plaît à ironiser sur le " beau p'tit couple " Olivier Maingain - Bart De Wever, sur le " nationalisme wallon " vanté par Rudy Demotte et sur l'invisible réforme fiscale de Charles Michel. Le plaidoyer pour la suppression des intérêts notionnels, " gabegie libérale mais aussi socialiste ", s'inscrit dans le même sens. Le one-man-show est copieusement applaudi. Vers 13 h 30, les troupes se dirigent vers l'entrée du parc, récompense verdoyante accordée à des militants dévoués. L'ode à la jeunesse, le souffle nouveau que le parti humaniste appelle de ses voeux, tout ce bel optimisme survivra-t-il à la reprise annoncée des tensions communautaires ? Pour l'heure, la question ne semble concerner ni les militants CDH, visiblement comblés par le meeting du matin, ni les autruches de Pairi Daiza. Si les élections de mai 2014 tournent mal, Paul Magnette pourra toujours se reconvertir à la présentation de Mise au point ou de Controverse. Ce vendredi matin, le président du PS remplace au pied levé Eddy Caekelberghs. Le journaliste de la RTBF devait animer le grand débat inaugural des Rencontres d'été du PS, il a déclaré forfait en dernière minute. Ni une, ni deux, Paul Magnette a fait offre de services. Thème du jour : " Quelle gauche pour le XXIe siècle ? " Du pain bénit pour l'ex-prof de sciences politiques. Le voilà qui, avec aisance et à-propos, introduit le débat, recadre les interventions, fait circuler la parole entre les quatre orateurs - l'essayiste français Paul Ariès, le philosophe Edouard Delruelle, le sociologue Matteo Alaluf et le directeur de Greenpeace, Michel Genet. De temps en temps, le modérateur du jour se hasarde tout de même à placer un commentaire perso. " Le sociologue Robert Castel a bien identifié le dilemme pour la gauche. Ou vous pensez que le capitalisme peut s'effondrer demain, et vous avez une vocation anticapitaliste claire et nette. Ou vous ne pensez pas qu'un monde nouveau va brusquement remplacer le capitalisme, et le courage, c'est d'affronter celui-ci, de faire le meilleur compromis possible. " Après deux heures d'échanges denses, Magnette lève la séance. " Maintenant, je vous invite à un barbecue de la joie et de la conscience ! " Le public s'égaille, tandis que le président débriefe. " Ce qu'a dit Matteo Alaluf est très juste. On a créé plein de postes de travail. Les politiques de création d'emploi sont des réussites. Mais le vrai problème, c'est : quel type de travail ? Combien d'heures ? Dans quelles conditions ? Comment travailler moins pour travailler tous ? " A vrai dire, le débat n'a pas été dépourvu d'aspérités. Paul Ariès a fustigé la " gauche productiviste " et les partis " qui ne sont plus que des machines à conquérir le pouvoir ". Certains militants et élus n'ont guère apprécié ce chantre de la décroissance, qui remet en question la notion même de progrès. La décision de l'inviter, d'ailleurs, a fait débat jusqu'au sommet du parti. Ce choix risqué illustre-t-il la volonté de Paul Magnette d'affronter Ecolo sur son terrain ? Ou l'ambition de rénover le corpus idéologique du PS ? C'est le centre de formation des Mutualités socialistes, à Namur, qui accueille la rentrée du PS. Un chapiteau a été dressé dans la cour. Dans un joyeux brouhaha, parlementaires et militants anonymes mangent côte-à-côte. Melon et jambon ; raviolis accompagnés, au choix, de sauce bolognaise, ou d'épinards et fruits de mer ; verrines de crème brûlée, mousse au chocolat, yaourt aux fruits... Frédéric Daerden s'est assis à côté de Marie Arena. Un rapprochement stratégique entre deux personnalités qui se verraient bien occuper les premières places de la liste européenne, en 2014. Le lendemain, retour à Namur, mais à la Citadelle cette fois, en prélude au Festival des Solidarités organisé par les Mutualités socialistes. La régionale de l'étape, Eliane Tillieux, puis le chef de file du PS français, Harlem Désir, prononcent les premiers discours. Puis vient Elio Di Rupo. " Globalement, en Belgique, on s'en sort mieux qu'ailleurs ", martèle-t-il. Le Premier ministre n'oublie pas de saluer le syndicat et les mutualités. " Chaque fois que le parti en a eu besoin, ils ont toujours répondu présent. Merci infiniment ! " Le meeting se clôture par... Get lucky, le tube de l'été. Il en faut plus pour traumatiser Guy Coëme, mouchoir rouge à la poche du veston. " Je préfère le PS actuel à celui du passé. C'est devenu plus festif, mais il y a toujours de la réflexion ", commente l'ancien vice-Premier ministre. Réplique acerbe d'un jeune cabinettard : " Daft Punk a remplacé l'Internationale. Tout est dit, non ? " Les caméras cernent Elio Di Rupo, Paul Magnette, Laurette Onkelinx... Mais l'homme-clé du moment s'appelle Jean-Pascal Labille. Souliers en cuir rouge, ceinture turquoise, il déambule de ci de là, faussement nonchalant. Sa cote est au zénith. Ministre depuis huit mois à peine, en charge des Entreprises publiques, il vient de décrocher un accord pour limiter les salaires des top managers. " Il a réussi là où Magnette avait échoué ", susurre une mauvaise langue. Le même Labille est l'artisan de la Fête des Solidarités, un projet qu'il a lancé en 2012, quand il dirigeait encore les Mutualités socialistes. Ce samedi, il joue à domicile. Nul mieux que lui ne symbolise l'Action commune, cette coupole informelle qui réunit les différentes branches du mouvement socialiste. Depuis Edmond Leburton, aucune figure majeure du PS n'était sortie des rangs mutuellistes... On le rapporte à Jean-Pascal Labille. Il sourit. Leburton, ce n'est pas rien : le Waremmien a été président du parti, puis Premier ministre. De là à imaginer un destin au firmament pour son lointain héritier liégeois ? Certains y songent. Lui aussi, peut-être. Le lieu n'est pas choisi au hasard. Ici, le MR est roi. Willy Borsus, Anne Barzin, David Clarinval, Richard Fournaux, François Bellot... La région est un cocon bleu regorgeant de valeurs sûres en vue du scrutin de 2014. Cerise sur le gâteau : à la province de Namur, les libéraux ont rejeté le PS dans l'opposition, en octobre 2012. La matinée s'annonce studieuse. Dès 10 heures, près de 300 militants concentrés se répartissent à travers les trois ateliers thématiques : " L'enseignement ", " La Wallonie gagnante " et " L'avenir de Bruxelles ". Dans ces matières régionales et communautaires, le MR n'a aucun bilan à défendre et tout à gagner. On y parle de détresse des enseignants, de pièges à l'emploi, de sérieuses lacunes en langues. Les libéraux se délectent de chaque critique furtive formulée par ces observateurs de terrain. Le procès à l'encontre des socialistes n'en sera que meilleur. Dehors, les militants affluent vers le quartier général sous chapiteau, pendant que les pontes du parti s'offusquent des derniers scandales apparentés, là encore, à leurs ennemis de gauche. Les critiques fusent à l'encontre de la Fête des Solidarités, qui bat son plein au même moment à Namur. Le président fustige le coût de l'événement - 1,6 million d'euros. " Quant au sponsoring de 30 000 euros accordé par quelques médias à ce congrès socialiste, c'est tout simplement sidérant ", abonde Frédéric Cauderlier, le porte-parole du parti. Le MR joue à fond la carte de l'opposition au décret inscription, qu'il entend supprimer. " Pendant 10 ans, les partis de l'Olivier n'ont fait que jeter la suspicion sur les enseignants. C'est insupportable ", lance Michel. " La personne qui s'oppose à ce décret absurde ne peut que voter MR ", renchérit Cauderlier. Echauffement terminé. Il est midi et les 1 700 militants (selon le speaker local), bien remontés contre le clan socialiste, sont désormais prêts à entendre le discours de Didier Reynders, suivi par celui du président de parti. " Vous ne voulez pas d'idées magiques, nous ne voulons pas d'idées bolcheviques ", scande ce dernier, qui égratigne au passage " l'amateurisme " de la politique énergétique menée par Ecolo. Mais l'odeur du barbecue monte doucement au nez des troupes. Le buffet " mixed grill " et les bières au fût mettent un terme aux discours enivrants. Repus, les militants s'éparpillent à travers le domaine. Place aux divertissements en famille. Reste que l'artillerie est prête et l'ennemi, identifié. La bataille électorale a officiellement commencé au MR. La politique exige, parfois, de l'abnégation. Alors que le soleil estival jette ses derniers feux sur la capitale, les sympathisants et élus FDF passent leur dimanche matin dans une salle sombre du centre culturel Wolubilis, situé cours Paul-Henri Spaak, à Woluwé-Saint-Lambert. L'adresse ne doit rien au hasard. Spaak, plusieurs fois Premier ministre dans les années 1930 et 1940, a rejoint le FDF à la fin de sa vie. Et sa fille Antoinette en a longtemps été la présidente emblématique. Et puis, pour les Fédéralistes démocrates francophones, Woluwé-Saint-Lambert fait figure de place forte : leur président, Olivier Maingain, y est solidement installé dans le fauteuil de bourgmestre. Se réunir à Woluwé, sous le haut-patronage de Spaak : le symbole tient aussi lieu d'aveu de faiblesse. Convaincre les affiliés de se déplacer à Verviers, La Louvière ou Molenbeek était-il impossible ? Bien que la formation amarante s'en sorte plutôt bien dans les sondages (entre 11 et 12 % des intentions de vote en région bruxelloise), sa fragilité est patente depuis qu'elle a rompu, en 2011, son alliance de vingt ans avec les libéraux. Le divorce avec le MR a, notamment, fait très mal aux finances du parti. A l'entrée de Wolubilis, des militants distribuent un " Appel aux dons ". L'heure est grave. " Nous avons besoin de récolter 500 000 euros pour financer correctement la prochaine campagne électorale ", énonce le prospectus, cosigné par Olivier Maingain, sa vice-présidente, la trésorière générale, le secrétaire général et le secrétaire général adjoint des FDF. Dans la salle, environ 250 militants, dont un tiers de Wallons et une moitié de pensionnés, patientent avant les discours. A l'affiche : les habituels. Bernard Clerfayt, Didier Gosuin, Olivier Maingain, auxquels s'ajoute un nouveau venu, Jonathan Martin. Prof d'histoire-géo, cet habitant de Libramont a hérité du titre de secrétaire général adjoint, avec la rude tâche de mener le combat en Wallonie. Une croisade qu'il mène avec la foi des convertis, ne dormant que cinq à six heures par nuit. Sur scène, il attaque bille en tête, pourfend la " nébuleuse " des intercommunales. Le FDF s'est-il découvert dans ce jeune trentenaire au physique de solide Ardennais un tribun capable de populariser son message au sud de pays ? L'avenir le dira. Aux élections provinciales d'octobre 2012, le parti n'avait rassemblé que 2,6 % des voix en Wallonie. Pour le reste, c'est du classique. Bernard Clerfayt pilonne le décret inscriptions et ironise sur Laurette Onkelinx, " mon amie qui habite Lasne ". Didier Gosuin prononce un discours décousu, mais rigolo. Un vrai sketch. Il évoque aussi sa lecture de vacances, l'essai des socialistes français Michel Rocard et Pierre Larrouturou. " Magnette devrait le lire ! Eux, au moins, ont le courage et la lucidité de reconnaître que, non, la crise n'est pas finie. " Quant à Maingain, il dédie ses meilleures cartouches à ses ex-alliés MR. " Où est passé le colonel Gennart qui, naguère, dénonçait les déséquilibres linguistiques au sein de l'armée ? Il est planqué ! " Dans les rangs amarantes, on ne digère pas le fait que l'ancien commandant de la base aérienne de Florennes, devenu échevin à Namur, soit passé au MR, alors qu'il était pressenti au FDF. Peu après 13 heures, tout est fini, les militants pourront profiter de l'après-midi ensoleillée. Au cas où, les Jeunes FDF distribuent des préservatifs. Pas sûr que les sexagénaires et septuagénaires qui constituent la majorité des troupes amarantes en fassent grand usage. ? Par François Brabant et Christophe Leroy