Accompagnée de ses trois enfants, Mutesi revient au Rwanda près d'un quart de siècle après le génocide " pour habiller (son) exil intérieur ". Confrontée à l'hypocrisie des voisins de sa mère assassinée, à l'incompréhension culturelle que l'éloignement a creusée avec ses frères et à ...

Accompagnée de ses trois enfants, Mutesi revient au Rwanda près d'un quart de siècle après le génocide " pour habiller (son) exil intérieur ". Confrontée à l'hypocrisie des voisins de sa mère assassinée, à l'incompréhension culturelle que l'éloignement a creusée avec ses frères et à la révolte de ses enfants qui n'acceptent pas de supporter le poids de sa douloureuse histoire, elle vit un retour aux sources qui n'est pas aussi apaisant qu'elle l'avait imaginé. Il était pourtant vital pour Mutesi parce qu'il " tranche avec la vulnérabilité de notre départ d'ici (la fuite vers le Zaïre en 1994 sous la pression des forces génocidaires) et sonne comme une revanche sur la vie ". Le Silence des collines, de Béatrice Uwambaje (éd. Sépia, 260 p.) suscite un profond intérêt par les questionnements qu'il expose sur la survie après un génocide, sur le déchirement - et parfois l'apaisement - que provoque l'exil, sur la confrontation des cultures... En définitive, le destin de Mutesi, qui se convainc que " lorsqu'on ne peut plus revenir en arrière, il faut se préoccuper de la meilleure façon d'avancer ", se confond avec celui de sa terre d'origine, le Rwanda, où " ici, on ne pleure pas, on avance ". Le Silence des collines est souvent poignant. Il n'est pas sûr cependant, en raison d'une écriture encore inaboutie, que la forme du roman qui a été choisie au détriment du récit soit celle qui le serve le mieux.